Turquie, week-end trépidant à Istanbul

le 25/04/2016

On vient à Istanbul pour les mosquées, les fastes de Topkapi, une croisière sur le Bosphore. Et on est surpris de trouver une capitale moderne qui vit le jour et la nuit. Découverte...



A cheval entre le bout de l'Europe et le début de l'Asie, séparé par la mer de Marmara, pas encore européenne et pourtant n'ayant rien à envier aux capitales à la mode comme Londres, Paris ou Berlin, Istanbul, l'ancienne Byzance devenue Constantinople, est aujourd'hui une capitale où jeunes et moins jeunes aiment à passer un week-end prolongé. Ville gigantesque, très peuplée (on parle de près de 15 millions d'habitants), asphyxiée par d'impressionnants embouteillages aux heures de pointe, c'est un carrefour commercial et culturel qui abrite les vestiges des différents peuples qui se sont disputés le pays. Traditions et modernité se marient parfaitement.

Petit tour classique d'abord au cœur de la vieille ville qui concentre plus de 2000 ans d'histoire et où sont regroupés les plus célèbres joyaux architecturaux. L'ancienne basilique devenue mosquée voici six siècles, Sainte Sophie, "sagesse divine", avec sa coupole monumentale, ses murailles ventrues, ses moucharabieh de marbre usé. L'Histoire y est palpable et l'atmosphère envoûtante.


La Bleue et les autres...

C'est l'appel à la prière -cinq fois par jour- du muezzin qui nous incite à faire quelques dizaines de mètres pour découvrir un autre joyau : la célébrissime mosquée Bleue aux belles faïences et au grand dôme ceinturé de minarets effilés. On compte environ 3000 mosquées dans la ville mais celle-ci mérite toujours un petit moment pour apprécier son ambiance si particulière. "Et n'oubliez pas, nous glissera notre guide, que Sainte Sophie est l'endroit de prière qui a connu la durée la plus longue au monde : de 537 à 1936".

Toujours dans le même périmètre, à trois pas de là, petite escapade sous terre, dans la fameuse citerne-basilique, surprenant palais englouti aux forêts de colonnes qui gardent les pieds dans l'eau. Enfin, pour décliner ses classiques, un (long) moment s'impose au cœur du célébrissime palais des mille et une nuits de Topkapi avec ses quatre cours, son sérail. Et revivre "en vrai les premières scènes du dernier James Bond "Skyfall"…






Du Bazar au Bosphore...

Un saut au grand bazar avec ses 4000 boutiques et ses 66 ruelles, avec ses débauches d'ors que l'on offre lors des mariages et des circoncisions, ... de tapis, d'épices et de tapis… Et c'est déjà l'heure de la balade sur le Bosphore, fleuve qui sépare les deux continents, trait d'union d'une mégalopole vibrionnante. Lieu de rêveries interrompues par le trafic incessant des petits bateaux, les "vapurs". Pendant près de deux heures, un verre de "çay" bien noir à la main, accompagné par des mouettes peu farouches, on découvre peu à peu les palais de marbre de Dolmabahce, ancienne résidence des sultans après 1856, le palais Beylerbeyi au pied du premier pont sur le Bosphore, les fameuses villas ottomanes "yalis" en bois peint, pour la plupart fort bien conservées.


Il suffit de passer le pont...





Passer de l'Istanbul traditionnel à l'Istanbul moderne ne nécessite que de passer le pont Galata, tout près de la Nouvelle (sobre et belle) mosquée. Ici, la circulation automobile est, certes, dense, mais ce qui frappe, ce sont les dizaines, centaines mêmes de pêcheurs qui lancent sans cesse leurs lignes à l'eau sans s'emmêler et qui sortent touts sortes de petits -et gros- poissons qui feront leur ordinaire. A moins qu'un particulier n'achète la cargaison.

Ici et là, les petits métiers sont très présents dans les rues. Déjà, sur les autoroutes proches de la ville, nombre de petits marchands proposent -non sans succès- des bouteilles d'eau ou encore des chargeurs de téléphones chinois ou des fleurs coupées aux automobilistes. Dans Istanbul même, on n'échappera pas aux vendeurs de contrefaçons plus ou moins bien imitées -de la ceinture de marque à l'eau de toilette, du jean à la basket-, au marchand de marrons ou de maïs ou encore de sumit, une sorte de brioche en forme de bracelet recouverte de graines de sésames que mangent les Stambouliotes toute la journée.


Böreks, baklava…

Autre gourmandise que l'on peut apprécier : les böreks - petits chaussons de pâte feuilletée fourrés au fromage ou aux épinards -et les fameux baklavas accompagnés d'un café… turc avec un marc bien épais et légèrement sucré. C'est dans le quartier de Karakoÿ, chez Güllüoglu, qu'il faut déguster ces merveilles fabriquées depuis 1949, avant de rejoindre la grande artère du quartier de Beyoglu, l'Istiklal Cadessi.






Cette rue sans fin, devenue piétonne voici une dizaine d'années, ce sont les Champs-Elysées version orientale. De la place Taxim, où trône une martiale statue d'Ataturk et son état-major, jusqu'à Tünel, les Stambouliotes arpentent l'Istiklal jusque tard dans la nuit. A la recherche d'un café, d'une galerie, d'une boutique de créateurs, d'une discothèque, d'une librairie. Toutes les grandes marques sont au rendez-vous. Ainsi que les fast food, les Starbucks, et les kebabs (c'est bien le moins en Turquie !) aux vitrines gigantesques. De temps à autre, un cliquetis entêtant fait lever la tête : c'est le fameux tram débonnaire rouge et blanc, bondé, qui ne fait que ce petit trajet tout au long de la rue et qui demande le passage.


Des passages à découvrir...

Les rues adjacentes recèlent aussi souvent de petits trésors. Il suffit de s'y élancer pour les découvrir. Comme le passage des Fleurs qui n'est qu'une suite de restaurants accueillants. Où encore cet autre où l'on célèbre un mariage dans l'église arménienne. Ailleurs, ce sont des marchés de poissons qui sont d'ailleurs nombreux dans Istanbul. Ainsi celui, célèbre, de Kumkapi, où les bars et les dorades grillées sont débitées à rythme soutenu, après avoir dégusté nombre de "mezzés" et parfois des moules farcies au riz dont raffolent les Stambouliotes le tout accompagné de musique et de chants et arrosé d'un raki (anis turc) que l'on n'hésite pas à resservir accompagné de son verre d'eau pour diluer un peu l'alcool.


De Galatasaraÿ à Pierre Loti...

Entre Takim et Tümel, se trouve le célèbre lycée francophone Galatasaraÿ par où sont passées les élites depuis des générations et encore aujourd'hui, et qui joua un rôle primordial dans l'expansion de la langue française dans l'empire ottoman. A quelques mètres de là, quelques accords de "Leïla" d'Eric Clapton résonne. Le "Kafka Kafe" installé au premier étage d'un immeuble fait profiter à toute la rue de sa musique finement sélectionnée. A peine plus loin, un petit passage permet de rejoindre "la rue des Français", petite rue en pente où sont installés en cascade une belle poigne de restaurants et bars qui n'ont pas grand-chose de français mais sont bien sympathiques, comme le "Magic House" ou les "Fées", et offrent de l'excellente musique live avec de jeunes chanteurs-guitaristes de talent.






Istanbul est une ville tellement gigantesque qu'il est toujours prudent de prévoir son itinéraire. C'est particulièrement vrai si, en bon Français, on souhaite aller à Eyüp, tout au bout de la Corne d'Or, au café Pierre Loti. Il faudra d'abord traverser un grand cimetière étagé en terrasses aux tombes envahies par les mauvaises herbes puis prendre un téléphérique avant de s'installer commodément, dehors, au milieu du café Pierre Loti et découvrir une vue époustouflante qui surplombe la Corne d'Or et l'embouchure de mer de Marmara. A l'intérieur du restaurant, des gravures un peu passées rappellent la belle mais tragique histoire du célèbre officier de marine français et d'Azyiadé, sa jolie maîtresse turque retenue dans un harem. Une autre histoire entre deux mondes…

Rejoignez Istanbul en bonne compagnie !

 

Pegasus Airlines offres des vols directs et réguliers vers Istanbul au départ de 5 aéroports français :  Paris Orly (2 vols/jour), Lyon Saint-Exupéry (4 vols/semaine), Marseille Provence (4 vols /semaine),  St Etienne Loire (3 vols /semaine – 5 en été), Nice Côte d’Azur (3 vols /semaine).

Ajoutez à cela : Bruxelles sud Charleroi (vol quotidien) avec navette directe depuis/vers Lille  et Metz, Bâle-Mulhouse (2 vols/jour) et Genève (4 vols/semaine).

Les Prix à partir de : 69 EUR (ttc) - Repas à partir de : 6,50 EUR. 8kg bagage à main inclus / 20kg de bagage en soute (forfaits Essentials/Advantage/Extras) - 4 forfaits de vol (Basic, Essentials, Advantage, Extras) pour voyager selon ses besoins et ne payer que pour les services utiles à chaque passager.

Informations et réservations : www.flypgs.com/fr - tél. 01 70 70 07 37 - Appli mobile (disponible en anglais).

Pratique

Guides :

Routard, Petit Futé, Lonely Planet, le cartoville (très utile) de Gallimard et pour le fun, "Istanbul Itinéraires", mi-guide-mi-BD très original, co-édition Casterman-Lonely Planet qui marie le dessin et l'info avec talent.

Compte-tenu de l'importance des choses à voir à Istanbul et de la taille de la ville, nous recommandons de rajouter au moins un, voire deux jours à votre week-end pour profiter au mieux du séjour.

Décalage horaire :

1 heure en plus. Pas de visa. Climat : l'été peut être très chaud et humide et l'hiver parfois un peu de pluies.

Change :

1 livre turque = 0, 45 euros.

La visite des mosquées est toujours gratuite (mais pas Sainte- Sophie qui est un musée). Marchandage recommandé, notamment au grand bazar (qui est fermé le dimanche). Certains restaurants proposent des alcools et du vin.

Achats :

tapis, cuirs, bijoux… Attention, les commerçants sont des pros du marchandage !


Pour en savoir plus

Y aller : Pegasus Airlines avec des vols  au départ de Paris Orly et de certains aéroports de province. Informations et réservations : www.flypgs.com/fr- tél. 01 70 70 07 37.

Infos : Office du tourisme de Turquie : 102 avenue des Champs-Elysées 75008 Paris, tél. +33 (0)1 45 62 78 68.



À lire aussi