City break de charme à Charleston

le 09/11/2017

Dans l’Etat de Caroline du Sud, Charleston déploie tout le charme d’une petite ville du Vieux Sud aux allures coloniales nonchalantes, où il fait bon vivre. Découverte…



Par Martine Delaloye,

Charleston avec ses trois cents ans bien sonnés, est l’une des villes sudistes les mieux préservées. Fondée par les Anglais venus de la Barbade, Charles Towne, Charleston, du nom du roi Charles II d’Angleterre, semble figée dans son passé. Des petites rues pavées parcourues par d’élégantes calèches, bordées de belles demeures coloniales, une multitude d’églises blanches, des jardins débordant d’une végétation luxuriante d’où s’échappent des parfums de jasmin. … Un décor de carte postale qui n’a pas échappé aux touristes qui viennent en grand nombre profiter de cette douceur de vivre. Le climat agréable en hiver, il ne fait jamais très froid, en été les températures peuvent atteindre les 35°- en fait une destination privilégiée hors saison.


L’histoire comme richesse…


Rien ne saurait altérer la beauté de cette ville à l’histoire pourtant mouvementée. Idéalement située, en bordure de l’Atlantique, aux confluents des rivières Cooper et Ashley, la ville est, au 18ème siècle, la plus grande et la plus riche du Sud. Elle tire ses revenus principalement de la culture du riz et du coton et de l’indigo. Grâce à son commerce luxuriant avec les Antilles, l’Afrique et même les pays européens, Charleston bénéficie alors de tous les apports culturels qui en font sa richesse d’aujourd’hui.



Vers 1730, c’est un important centre de la traite des Noirs. A Sullivan’s Island, île juste à l’entrée de la ville, porte d’entrée de ce sinistre trafic, transitent 40 % des esclaves amenés en Amérique du Nord. Mais c’est aussi une ville refuge pour les nombreux Hugenots chassés par la révocation de l’Edit de Nantes après 1598, qui s’installent dans le centre ville et forment alors le quartier français. On ne s’étonne donc pas de voir dans la French Protestant Church des stèles où figurent de nombreux noms français ! La guerre de Sécession entre 1861 et 1865 marque lourdement la région et laisse l’économie exsangue en détruisant les plantations. Au 19ème siècle, incendies, tornades, et même l’important tremblement de terre de 1886, frappent aussi durement la ville.

C’est sans compter sur l’âme courageuse de Charleston qui se relève de toutes ces catastrophes. Dans les années 1920, la ville retrouve tout son dynamisme et sa joie de vivre. On voit alors déferler la folie du Jazz qui inspira le « Charleston ». On se souvient que cette danse qui arrive en Europe et en France avec la Revue Nègre de Joséphine Baker dès 1925 a remué plus d’un cabaret !


Historic District, un musée à ciel ouvert…


Le quartier historique dévoile ses secrets peu à peu. En calèche ou mieux en errant tranquillement, tout en faisant toutefois très attention où on met les pieds, car de grosses racines des arbres soulèvent les trottoirs. La région est humide et la végétation s’en donne à cœur joie.

On parcourt les rues dans une sorte d’éblouissement alors que passent les calèches trottinant allègrement. Les vastes demeures antebellum, d’avant la guerre de sécession, de Meeting Street ou de Battery Street aux larges coursives et belles colonnades de bois blanc, émergent entre les arbres touffus. A l’origine elles étaient occupées par les riches planteurs d’avril à octobre. Aujourd’hui, ce sont des résidences très chics très chères. On n’est pas sans remarquer les nombreuses églises, toutes blanches de préférence. Des églises anglicanes, presbytériennes, catholiques, près de 180 dont St Michael’s Episcopal Church et son clocher haut de 60 m ou encore Gothic Revival Huguenot Church, l’une des dernières églises protestantes françaises. La religion est importante dans le Vieux Sud. Tout le monde va à la messe le dimanche, dans ses plus beaux atours, le chapeau visé sur la tête.



Water Street et Church Street, des ruelles pleines de charme, se faufilent entre les jardins exubérants. On en prend plein la vue et les jasmins et gardénias font tourner la tête. Elles rejoignent East Bay et ses maisons victoriennes colorées datant d’avant la révolution (1870-1876). A proximité du port, c’étaient les demeures des riches négociants qui avaient leurs entrepôts à proximité.



Lorsqu’on arrive à Battery Street, large promenade longeant la mer, paradis des joggeurs, on comprend mieux, face à l’étendue maritime et le visage fouetté par les embruns, combien l’océan est un élément important pour la ville. Ouverture commerciale autrefois sur le monde, terrain de jeu de fameuses régates au large et de tous les sports de mer aujourd’hui. Au loin, pointe le clocher de l’église de la marée, appelée ainsi parce que la messe était à l’heure des marées ! Le passé et le présent se rejoignent. De là, on peut pousser la balade jusqu’à White Point Garden, très beau jardin et fierté de la ville.



A ne pas manquer !


Quelques visites sont incontournables :

- Joseph Manigault House, au 350 Meeting Street, un bel exemple du style architectural dit « Adam », ou encore

- Nathaniel Russel House, au 51 de la même rue, et son magnifique jardin, construite en 1808 par un riche marchand pour sa famille et ses esclaves.

- Au 87, Church Street, la Heyward-Washington House date de 1770, la maison de Thomas Heyward Jr, l’un des signataires de la déclaration d’indépendance où résida Washington. Tous les lieux où Georges Washington fit un passage sont largement signalés ou portent son nom comme Washington Square.

- Haut lieu des visites, Fort Sumter où éclatèrent les premières salves de la guerre de Sécession le 12 avril 1861.

- Et sur Chalmers Street, Old Slave Mart Museum, a investi l’ancien bâtiment de vente aux enchères des esclaves. Les dernières ventes ont eu lieu en 1863. Le musée raconte l’histoire des noirs, de l’esclavage, de leur émancipation jusqu’aux mouvements des droits civiques. A voir absolument !



Charleston trendy et noctune…


Trendy, animée, la ville ne manque ni de bars, ni de pubs où se produisent des orchestres en live, ni de bons restaurants où déguster fruits de mer et autres spécialités locales, ni de clubs dans des lieux aussi improbables qu’une église comme Le Five, ou encore de roof-tops où boire des cocktails aux accents caribéens jusqu’à l’aube, comme Le Henry’s Roof Top.



Sur King Street, c’est une niçoise d’origine, qui tient le Bar 152, une adresse réputée. Jestine’s Kitchen propose sa cuisine du Sud au 251, Meeting Street. Dans la même rue, Historic Charleston City Market, vieux marché construit en 1790, incontournable lieu de visite des touristes, se tient entre Meeting Street et East Bay Street. Une suite de hangars qui ont remplacé l’ancien Beef Market incendié. Aujourd’hui, on y trouve aussi bien des paniers tressés de fabrication locale que des bijoux fantaisies et autres trophées souvenirs de voyage. Le shopping n’est pas en reste. King Street est le temple des adresses chics. Toutes les grandes marques y ont pignon sur rue.



Magnolia Plantation, un éden tropical...


Créée en 1676, à une quinzaine de kilomètres de Charleston, Magnolia Plantation est l’un des plus vieux jardin du pays. Une invitation à un voyage hors du temps, une immersion au cœur d’une nature tropicale exubérante. Quarante hectares dédiés au végétal, tantôt domestiqué, tantôt laissé à son expansion libre. Une aventure mystérieuse entre les plantations de magnolias, de camélias, de gardénias, de cyprès chauves centenaires, de vieux chênes d’où pendent jusqu’au sol des mousses, comme de longues chevelures, créant un décor de fiction angoissante. Ces mousses ne sont pas des parasites mais des plantes qui se nourrissent de l’air. Au sol, elles meurent !



On serpente entre les eaux stagnantes où sommeillent des crocodiles. La prudence est de mise ! On franchit des ponts de bois blancs qui apportent leur touche très photogénique. Une partie du domaine est laissé à l’observation des oiseaux. D’autres jardins suivent une ordonnance rigoureuse, embellie de sculptures.  On doit cette plantation à la famille Drayton qui a gardé la propriété dans son giron durant 15 générations.  A l’origine Magnolia était une plantation de riz, avec barrages, digues, canaux d’irrigation au long de la rivière Ashley et de nombreux esclaves y travaillaient. Une exposition leur est d’ailleurs consacrée, contant l’histoire afro-américaine de la plantation et de la culture « Gullah ».

C’est en 1820, que Grimke Drayton, ministre épiscopal, apporta sa note personnelle en créant un jardin anglais et en introduisant le premier « camélia japonica » cultivé en plein air, puis les premières azalées en Amérique, pour attirer son épouse hors de Philadelphie, sa ville natale. Une fabuleuse idée qui fait toute la réputation de ce lieu unique qui ne compte pas moins de 900 variétés de camélias ! Pas étonnant que de nombreuses personnalités aient visité ce lieu paradisiaque, George Gershwin, Henry Ford, Eleanor Roosvelt, Orson Wells. Et bien sûr, quelques peintres inspirés. Le jardin se parcourt à pied, en petit train, en bateau plat sur le marais. La visite se termine au zoo, qui recueille aussi les animaux blessés, le moment préféré des petits. Et des grands aussi ! www.magnoliaplanttion.com

Break balnéaire à Hilton Head Island…


A quelques encablures de Chaleston, Hilton Head Island propose une halte balnéaire idéale. Soleil, plages à l’infini, galops en bordure de l’océan ou dans la forêt, courses en haute mer, croisières d’observation des dauphins, balades à vélo, golf… Hilton Head Island est un condensé de plaisirs et de détente, une évasion au cœur du bien-être total. Sans oublier, les nombreuses boutiques des centres commerciaux ou dans l’une des six marinas où faire une razzia sur la mode ou les cadeaux. Accessible facilement, en vol directs jusqu’à l’aéroport international de Savannah-Hilton Head par la compagnie Delta, par exemple, c’est une destination de remise en forme idéale. www.hiltonheadisland.org

Sur l’île, Hôtel Hilton Head Marriott Resort & Spa, ce bel établissement les pieds dans l’eau, est le stop idéal pour poser ses valises. Tout le confort d’un établissement luxueux récemment rénové où chaque chambre dispose d’un balcon privé avec vue sur la mer et la grande plage de sable fin. Entre les piscines intérieures et extérieures, on a le choix. A proximité, les boutiques d’Harbour Town, de Sea Pines Resort ou du Coligny Plaza Shopping suggèrent de belles escapades shopping. A moins de préférer une longue balade vivifiante sur la plage. www.marriott.fr



Notre carnet d’adresses :


- Restaurant Charleston Grill à l’hôtel Belmond



Au cœur du quartier historique, l’hôtel Belmond est l’établissement mythique de la ville, un témoin des fastes d’antan. Un escalier géorgien, du marbre de carrare et les milles éclats d’un lustre magistral, tout le luxe d’une maison au passé prestigieux. Le Grill au sous-sol, dans son ambiance cosy et jazzy tient ses promesses d’excellence. Récompensé par 4 étoiles au guide Forbes, le Chef Weaver concocte des mets délicats avec des produits de très grande qualité. Un grand moment d’élégance gastronomique !
Site web : www.charlestongrill.com

- Restaurant Darling Oyster Bar

Un décor de manufacture vintage, un long bar où se percher sur des tabourets et quelques tables de bois conviviales, c’est la bonne adresse sur King Street pour déguster au passage quelques huîtres et fruits de mer des plus frais dans une ambiance trendy. Site web : www.thedarling.com

- Restaurant Indaco



Un décor industriel de gros tuyaux pour une bonne table italienne sur Upper King Street, à proximité des pubs et clubs. Le chef Elliot Cusher propose une cuisine maison, qui fait la réputation de l’établissement. Raviolis artisanales, saucisses fumées, pizzas au feu de bois, et aussi une très bonne burata et des antipasti variés. Un restaurant sympathique fréquenté par les hipsters du quartier ou les fins connaisseurs. Site web : www.indacocharleston.com

- Restaurant Farfelle

Au cœur du pittoresque quartier d’Harleston Village, Michael Toscano, propose une interprétation moderne, créative et goûteuse de la cuisine italienne. Des légumes croquants d’une grande fraicheur, des herbes et des épices et un service sympathique et efficace en font un des lieux préférés des working-girls. Une très bonne table. Site web : www.lefarfellecharleston.com

- Le Roof Top du Market Pavilion Hotel



Le roof top de cet hôtel luxueux est un vrai oasis autour d’une piscine en cascade, où finir la soirée, un verre à la main ou sur le dance floor, la vue sur la rivière avec pour horizon les vieux bâtiments industriels au charme certain. Site web : www.marketpavilion.com

- Restaurant Hudson Seefood House on the docks



On ne peut pas rêver plus frais que les fruits de mer et poissons servis en quantité dans cette baraque chic surplombant la mer. Tout est sorti le matin même des fonds marins. Un restaurant paradisiaque et gastronomique, où passer un moment convivial, face à l’océan avec pour compagnons quelques oiseaux en visite. Site web : www.hudsonsonthedocks.com

Pratique :


Monnaie : l $ = 0, 86 euro environ,

Passeport : Passeport biométrique ou électronique en cours de validité. Pas de visa nécessaire. Autorisation électronique de voyage ESTA, à remplir en ligne avant le départ. Attention, les contrôles vers les USA ayant été renforcés, il faut se rendre à l’aéroport 4 h avant l’heure de vol.

Décalage horaire : - 6 h.

Pour en savoir plus :


Office du tourisme,  site web : www.travelsouth.visittheusa.com/fr

Y aller : Charleston est desservie par la compagnie Delta via New York JFK ou via Atlanta par de nombreux vols/jour. Toutefois, il n’y a qu’un vol/jour sur Charleston à partir de New-York JFK. Delta, l’une des plus importantes compagnies aériennes dessert 300 destinations sur 60 pays, en classe économique ou en classe Delta One, donnant accès direct au couloir, siège-lit, wifi, écrans individuels avec programmes à la demande et personnel à bord attentif pour un voyage tout confort. Site web : www.delta.com

(Photos : Martine Delaloye)





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