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Du Canada à l’Arctique, à la rencontre des cathédrales de glace

A bord du Princess Danaé, chacun semble avoir ses habitudes, il est vrai que le navire est attachant et à taille humaine. Embarquement pour une croisière au cœur de l’Arctique et de la magie des glaces du Groenland. Découverte…

C’est l’heure de l’embarquement au Terminal Iberville dans le port du Vieux Montréal par une belle après-midi estivale pour une croisière qui s’annonce originale. Le Princess Danaé, une “vieille dame” qui réalise chaque année un Tour du monde est solidement amarré fait face aux gratte-ciels. A peine installés dans leur cabine au confort équivalent à celui d’une chambre d’hôtel de bon standing, les passagers vont observer les manoirs victoriens, les buildings au design ultra moderne et des églises néogothiques. A Montréal, le centre ville est tout en contrastes et en constante effervescence. Gens d’affaires, étudiants, résidants et touristes se pressent dans une myriade de magasins, une multitude de musées, de galeries d’art, d’espaces verts et de restaurants dans un tourbillon incessant d’animations. Ce qui nous fait presque oublier que Jacques Cartier, en 1535, remonte le fleuve jusqu’à l’île qui portera plus tard le nom de Montréal, car découvreur du Canada impressionné par “la montagne” qui la domine, la nommera “Mont Royal”. Puis en 1608, Samuel de Champlain défriche un emplacement -la place royale, près du Vieux-Port actuel- qui sera plus tard l’embryon de la nouvelle cité. Aujourd’hui, on se promène en toute quiétude dans les rues, le réseau piétonnier intérieur ou son métro. Pour prendre le pouls de la ville, rien ne vaut une escapade à pied dans ses quartiers colorés et animés. L’équipe excursion du Princess Danaé organise notamment une promenade à vélo et une autre à caractère gourmande.

Le grand départ…

En fin d’après-midi le Princess Danaé se distinguant par sa longue silhouette profilée quitte le port de Montréal pour rejoindre Québec. Le soir venu, Cocktail de bienvenue du Commandant. Un moment de convivialité que les passagers ne manquerait pour rien au monde. Là, on fait connaissance de l’équipage, des équipes de Carnet de Croisières dont la directrice de croisière Hélène qui donnera le rythme en toute convivialité. Le Princess Danaé est un vrai bateau de croisière de tradition qui offre une atmosphère raffinée. Il accueille pas plus de 550 passagers. D’emblée, on apprécie son décor, ses salons intimes et feutrés, sa véranda, sa bibliothèque et son personnel aux petits soins de tous. La table respecte la pure tradition “française”. Le petit-déjeuner est servi en cabine, au grand buffet ou dans le restaurant Mimosa où officie un chef français. Pour le déjeuner, rendez-vous soit au buffet à proximité de la piscine sur le pont arrière ou au restaurant. Au dîner, vous retrouvez votre table attitrée, vos serveurs et votre maître d’hôtel, le tout dans une atmosphère feutrée propice à la détente, aux échanges et à la dégustation.

La silhouette majestueuse de Québec

On ne peut pas manquer le Château Frontenac, l’hôtel le plus photographié au monde. Les rues piétonnes, les maisons et boutiques anciennes du quartier historique vous enveloppent d’une ambiance romantique. Un quartier plein de charme, animé mais qui a su garder toute son âme et son authenticité. Difficile de décrire tous les trésors ou centres d’intérêt que possède la ville et qui bien sûr ne se limitent pas au Vieux Québec. Au hasard de promenades, comment ne pas admirer la Place Royale où s’installèrent les premiers colons, la basilique cathédrale Notre-Dame de Québec classée monument historique, l’hôtel du Parlement et enfin la visite du musée de la Civilisation qui, de façon moderne et interactive, fait découvrir l’esprit Québécois. Dernier atout, et pas le moindre, à Québec tout est accessible… à pied. Certains croisiéristes assistent à un spectacle musical québécois, d’autres se rendent en excursion dans une Cabane à sucre, ou sillonnent à vélo la proche île d’Orléans… Ensuite, le paquebot navigue sur le célèbre fleuve Saint-Laurent en direction du Havre Saint-Pierre. Certains admirent le paysage défiler tandis que d’autres participent aux animations du bord, jeux de palets, concours de fléchettes, initiation à la magie, tournoi de bridge, cinéma, aux différents jeux de société, gymnastique douce… En soirée, place au dîner de gala de Bienvenue.

L’arrivée à Havre Saint-Pierre surprend. La ville est enveloppée par une épaisse brume matinale puis soudain… le soleil inonde le paysage pour notre plus grand plaisir. Nous sommes au cœur de la Minganie, un littoral long de quelques 360 km très éloigné de Montréal, comprenant une dizaine de villages pittoresques, dont Havre-Saint-Pierre. Une bourgade de 3 300 âmes fondée en 1857 par six familles de pêcheurs provenant des Îles de la Madeleine. L’accent de ses habitants est unique… et ils sont fiers de leurs racines acadiennes. Longtemps dépendant de la pêche, ce village s’industrialise dès 1948 avec l’exploitation d’un important gisement d’ilménite situé à 40 km au nord de la localité. En 1984, l’économie locale se diversifie avec la création de la Réserve du parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan. Celui-ci donne un envol au développement touristique. Ici le charme et l’authenticité sont de mise. Il suffit d’embarquer sur un bateau local et 15 mn plus tard on admire le travail issu de l’érosion sur l’archipel de Mingan avec ses surprenantes formations rocheuses. Quel accueil ! presque toute la ville s’est donnée rendez-vous afin de nous réserver un accueil très chaleureux… il est rare de vivre des escales aussi poignantes.

Il est vrai que peu de paquebots font escales dans cette bourgade du “bout du monde”… Lorsque le Princess Danaé quitte le quai la quasi-totalité des croisiéristes est accoudée au bastingage afin de saluer comme il se doit la population. Adeline, une passagère me confie “la journée fut extraordinaire, ils étaient tous si chaleureux … ici, ils savent recevoir”. Cap vers le Groenland pour aller à la rencontre des icebergs les plus impressionnants de l’hémisphère nord. Dès notre entrée dans la mer du labrador, le navire croise déjà sur sa route des cathédrales de glace. Mais deux journées de mers sont nécessaires pour atteindre la deuxième plus grande île de la planète -2670 km du nord au sud pour 1050 km de large. Chacun en profite de ce moment privilégié pour écouter et échanger avec le conférencier Bruno Guégan (du Groupe de Recherches en Ecologie Arctique) qui donne rendez-vous pour un cycle de conférences sur l’Arctique. Il fait salle comble ! Le grand salon ne suffit pas à accueillir tous les passagers, certains prennent place un pont au-dessus dans la salle de cinéma. Puis, certains occupent les chaises longues mises à disposition sur les différents ponts pour observer la mer et les baleines qui s’approchent nombreuses du Danaé. Par un début de matinée lumineuse, cette fois, on approche de cette fameuse île que constitue le Groenland. A bord, on nous rappelle qu’elle est recouverte sur environ 85% de sa surface par une calotte glacière, appelée Inlandsis, qui peut atteindre jusqu’à 3 km d’épaisseur. Cet Inlandsis est bordé de reliefs montagneux entre lesquels s’écoulent d’immenses glaciers, qui en se détachant par morceaux donnent naissance aux icebergs.

Approcher du Groenland constitue un grand moment. Cette fois il est bien “à portée de main ” le Groenland, la “Terre verte”, nom choisi par le Viking Erik le Rouge en raison de la présence de fjords verdoyants au sud lors de sa découverte en 982. En été, quand le thermomètre monte jusqu’à 15 °C, on ressent tous une sensation de chaleur. Bienvenue dans l’univers des Inuits. Un peuple qui a développé une société capable de vivre sous un climat parfois très rude. Bien qu’en phase avec le progrès, au fil des générations, artisanat, danses traditionnelles, démonstrations de kayak et costumes colorés témoignent d’une culture encore bien présente. Nanortalik fondé en 1770 nous le prouve. On prend plaisir à débarquer sur cette commune aux maisons multicolores parfois montées sur pilotis située dans la municipalité du Groenland-Méridional comptant environ 1 400 habitants. Grâce à sa situation méridionale Nanortalik, (dont le nom signifie le “lieu de l’ours polaire”), distante d’environ 100 km de la pointe sud du Groenland, ce “village” fut l’un des premiers lieux habité de l’île, aussi bien par les Inuits que par les colonisateurs scandinaves.

En 1830, le village a été déplacé afin d’améliorer sa fonction de port. Seules les ruines de Sissarissoq témoignent du premier établissement du village. Le débarquement des passagers du Princess Danaé se fait par les chaloupes. Puis chacun sillonne à pied le charmant quartier du petit port, s’arrête devant l’église puis à son rythme visite le musée de l’habitat, le cimetière… Paul qui visiblement vient au Groenland pour la première fois s’exclame “les gens vivent encore en harmonie avec la nature… et ce qui me fascine c’est la bonne humeur des enfants”. En soirée, doucement le navire quitte Nanortalik tandis qu’à bord un dîner français attend les croisiéristes pendant la navigation le long de la côté groenlandaise.

Tôt le matin, le Princess Danaé se présente fièrement à l’entrée du Sermilikfjord. Les premiers passagers sortent tôt de leur sommeil pour ne rien manquer de la balade fascinante au milieu des iceberg qui débute… une navigation délicate entre les gigantesques icebergs situés à l’embouchure du fjord de glace. La vue est éblouissante. “Un grand moment de la croisière” déclarent Chantal et son compagnon Paul : “Regardez les passagers occupent tous les ponts extérieurs et admirent les icebergs “. Ils sont immenses et nombreux les icebergs. Le bateau semble jouer avec eux mais à la passerelle le commandant et ses officiers restent très attentifs… le paquebot glisse lentement. Parfois le craquement de la glace brise le silence des lieux. C’est l’heure de la contemplation pour tous et la croisière nous révèle un nombre impressionnant de beautés et richesses du Groenland. Un doux bruissement parvient aux oreilles, celui de la glace le long de la coque du bateau, par moment, c’est un bloc plus volumineux (un growler) qui heurte le bateau et contraignant le commandant à rechercher un passage moins encombré. Plus le navire progresse plus la densité des icebergs devient imposants.

Quelle splendeur ces nuances de blancs, de bleus et cette transparence bleutée de la glace sous les rayons du soleil… sans parler des reflets qui dansent sur les eaux sombres ! Dans ce coin, les paysages ne sont pas sans rappeler ceux des Alpes : un spectacle unique avec un panorama sur des aiguilles élancées, lacs, cascades et glaciers. Le Sermilik est un des plus spectaculaires fjord de tout l’hémisphère nord alimenté par l’inlandis via le glacier Helheim qui vêle d’énormes blocs de glace quelques kilomètres plus au nord.

A travers, les hauts parleurs du navire, l’équipe qui organise les excursions et débarquements annonce que la prochaine escale sera Tassiilaq. Que va-t-on bien faire au cours de l’escale dans ce village majestueusement entouré de hautes montagnes et de glaciers.

Un village entre mer et montagne…

Tassiilaq, environ 2000 habitants est située juste au Sud du Cercle Arctique et alterne entre de longues heures de luminosité durant l’été et les aurores boréales l’hiver. Paul-Emile Victor a passé beaucoup de temps au coeur de cette communauté Inuit pour ses travaux et recherches sur l’univers Arctique.

Jaune, rouge, mauve, verte ou bleue telles sont les couleurs des coquettes maisons en bois accrochées aux flancs des collines. Certaines sont construites sur pilotis, bordées de terrasses et d’escaliers de bois. Quelques rues pentues sillonnent la ville, au centre, une artère principale bordée par le bureau de poste, une école, l’office de tourisme, des commerces et un supermarché… Dans le quartier “historique”, entre deux champs d’herbes vertes parsemés de boules cotonneuses de linaigrette qui ondulent avec le vent, se niche le Musée de la ville.

En fin d’après-midi, le temps est venu de regagner le navire pour se poser dans sa cabine, prendre un verre au bar et dîner. Chaque passager est désormais bien imprégné de l’atmosphère du Groenland, un monde au-delà de tout ce que l’on imagine. On retrouve Paul au bar qui n’hésite pas à parler “du voyage de sa vie… c’est une contrée à la fois puissante et fragile comme l’a évoqué notre conférencier, mes amis et moi avons vécu un rêve éveillé… on retient surtout l’expérience d’une rencontre d’un peuple accueillant, et de paysages extraordinaires”. En effet, une croisière d’exploration au Groenland assure autant de paysages grandioses que d’émotions. Le temps est venu de faire route vers l’Islande située à moins de 300 km. Le lendemain, escale à Grundafjord lovée sur la péninsule de Snaefellsnes avec sa côte sud rurale. Là les champs s’appuient sur une chaine volcanique centrale. Une vraie carte postale. C’est là que Jules Verne a choisi de “mettre en scène” son légendaire “Voyage au centre de la Terre”.

Enfin, le navire jette l’ancre à Reykjavik. Place à une journée de découverte de la ville. Capricieuse, fière, étrange, surprenante, fantasque, à l’image de Björk, l’enfant du pays devenue une star planétaire, Reykjavik montre un bel appétit de vivre. La capitale de l’Islande – autrement dit la “Baie des fumées”, en raison des panaches de vapeur qui s’échappent des sources chaudes voisines – est tout sauf froide ! La ville bénéficie du Gulf Stream.

Bien entendu, il ne faut pas se priver d’une escapade au célébrissime Lagon Bleu. Situé à proximité de l’aéroport, ce lac artificiel né du surplus capté à 2000 mètres sous terre par une centrale géothermique est en fait une immense piscine à ciel ouvert au cœur d’un champ de lave et qui peut accueillir des centaines de baigneurs. Ses eaux couleur turquoise un peu laiteuse, riches en sels et silices sont chaudes (40°c), légèrement soufrées et soignent, dit-on, le psoriasis et l’eczéma. Il faut se rendre au Cercle d’Or. Cette excursion d’une journée permet de découvrir Gullfoss, deux spectaculaires chutes d’eau qui se rejoignent avec fracas, Geysir (qui a donné son nom au phénomène du geyser), avec ses sources jaillissant soudainement des entrailles de la terre et soufflant des trombes d’eau chaude à plusieurs dizaines de mètres, et le mythique Thingvellir, site historique où les premiers colons vikings établirent, en 930, le premier Parlement du monde. Ici, des failles parfois profondes de plusieurs dizaines de mètres, matérialisent le déchirement des plaques tectoniques de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Saisissant. La croisière touche bientôt à sa fin, des images restent gravées dans les mémoires et chacun quitte le navire avec en main le film souvenir du voyage. De quoi alimenter les conversations en famille et de persuader ses proches de découvrir l’Arctique !

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