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Grande Canarie, curieuse et éclectique

Les Canaries constituées de sept îles perdues dans l’Atlantique, ont toutes un caractère très différent. Le seul véritable point commun c’est leur origine volcanique. Cap sur la Grande Canarie. Découverte…

Géologiquement, les îles Canaries sont “jeunes”. On estime qu’elles ont 30 millions d’années. La datation au carbone fait remonter les premiers peuplements à 200 av. J.-C., mais il est possible qu’elles aient été habitées avant. L’origine des premiers habitants, qui se donnent le nom de Guanches, demeure l’objet de spéculations. On parle d’émigrants celtiques ou nordiques. Mais il est probable que les Berbères, venus de l’Afrique voisine, furent les premiers à s’installer. La Grande Canarie est une île aux multiples curiosités, lorsque l’on s’éloigne quelque peu des plages fréquentées. On découvre alors une culture attachante, des paysages désertiques ou verdoyants, de petits villages de pêcheurs, des hameaux tout blancs perchés dans les collines, des forêts enveloppées de brume…

La Grande Canarie, un continent miniature…

En une seule journée, vous pouvez passer de la chaleur de la côte et des plages de sable fin, traverser des vallées et des forêts sub-tropicales et atteindre les montagnes. Là où les panoramas deviennent un vrai spectacle. Dirigez-vous vers les montagnes qui entourent le El Pozo de las Nieves (1949 mètres). Vous trouverez fréquemment des cratères ou chaudières endormis et de profonds ravins qui descendent jusqu’à l’océan Atlantique et différents microclimats. Tout cela confère à l’île le surnom de “continent miniature”.

Il existe plus de 1300 espèces de plantes : euphorbes, palmiers, lauriers, dragonniers etc… Parmi les paysages singuliers de l’île, il est à signaler la Caldera de Bandama au nord-ouest, avec un cratère de 800 m de diamètre et 200 m de profondeur qui remonte à 4 millions d’années. Il est intéressant de passer par San Bartolomé de Tirajana, une municipalité qui occupe un vaste territoire s’étendant du centre au sud de l’île de Grande Canarie. Les vues y sont contrastées. La commune principale, San Bartolomé, est située à l’intérieur des terres, à proximité du cratère de Tirajana. En ville, on peut déguster ce qui se fait de mieux dans la gastronomie canarienne : mojos (sauces typiques), gofio (farine de maïs grillé), cabri, cochon de lait, puchero de “garbanzas” (potage de pois chiches), poissons accommodés de plusieurs façons différentes, papas arrugás (petites pommes ridées cuites avec leur peau) et une pâtisserie de tradition ancestrale. L’aspect volcanique qui entoure San Bartolomé se caractérise par un relief abrupt et une végétation luxuriante. Mais vers le sud, la végétation luxuriante cède le pas à un désert de dunes, caractéristique d’un climat semi-désertique.

Tejeda, lieu de culture…

Les amateurs de culture et d’art se retrouvent à Tejeda. On visite le Musée de Sculptures Abraham Cardenes, où l’on admire une partie de l’œuvre de cet artiste canarien majeur, originaire de Tejeda et qui voue un amour profond à sa terre. À Tejeda, on trouve également le Musée Ethnographique, permettant de suivre un parcours retraçant l’histoire de l’île et de la commune. Par ailleurs, la commune propose un Centre sur les Plantes Médicinales. On s’arrête sur des vestiges archéologiques tels que les grottes de sépultures, gravures, peintures et d’anciens types d’habitation. Le Rocher “Roque Bentayga” en est un exemple, site naturel de grande particularité, il fut un lieu sacré pour les aborigènes. Ils y faisaient des offrandes. On se rend également aux Las Cuevas del Rey (Les Grottes du Roi). A l’intérieur de celles-ci on apprécie des grottes et des habitats troglodytiques, des greniers, des peintures rupestres et plusieurs excavations réalisées dans la roche qui indiquent l’existence d’un centre religieux préhispanique. Par ailleurs, le visiteur fera halte au Centre d’Interprétation Degollada de Becerra situé sur la Route entre La Cruz de Tejeda et les Llanos de la Pez. Il s’agit d’un site panoramique offrant un paysage spectaculaire, mais surtout un centre d’information sur l’ethnographie locale.

Dans la foulée, on recommande un passage par La Cruz de Tejeda, qui offre une magnifique vue de l’île. Une grande croix en pierre marque l’entrée du Parador National, et à quelques mètres de là, de nombreux points de vente de produits typiques de la région font la joie des visiteurs. Autre symbole de Grande Canarie, toujours à Tejeda, le rocher Roque Nublo, un énorme rocher monolithique en basalte de plus de 70 mètres de haut, apparu suite à l’activité volcanique de la période du Pléistocène. Pour apprécier la beauté naturelle de la région, n’hésitez pas à randonner à travers les pinèdes d’Inagua et Ojeda. Si l’on poursuit sa route vers San Mateo au centre, on trouve une petit village agricole qui s’anime les week-ends lors de son marché populaire, l’un des plus importants de l’île. On peut s’y procurer le célèbre fromage de San Mateo et… des pâtisseries à base d’amandes.

Teror, village pittoresque…

An nord de la Grande Canarie, rendez-vous à Teror. Un lieu de pèlerinage où se trouve la basilique, “la Virgen del Pino”, Sainte patronne du diocèse. La construction de l’édifice religieux remonte à l’an 1767 même si par la suite, il a été rénové à plusieurs reprises. L’ensemble présente trois nefs et quatorze voûtes en demi-cercle soutenues par des colonnes et des piliers. Sa façade s’ouvre par trois portes et ses côtés présentent chacun deux entrées ainsi que des vitraux représentant les Mystères du Rosaire. La Plaza de Teror, centre névralgique de la ville permet d’admirer des balcons typiques de l’architecture canarienne. On fera un détour par La Alameda, un autre lieu fréquenté du quartier historique. Son origine remonte à une esplanade située devant le palais épiscopal en 1793. Tout près de la basilique, on foule la Plaza Teresa de Bolívar, rénovée dans les années 50 et où l’on peut admirer le buste du libérateur Simón Bolívar. Les promenades au cœur des sites naturels de Teror sont prisées, notamment les espaces protégés : Pino Santo, le parc naturel de Doramas où se trouvent les gorges de Azuaje et de Moya ; la Finca de Osorio qui abrite l’écomusée sur la nature de Osorio ; la Caldera de Pino Santo qui s’étend sur un demi kilomètre de diamètre etc… Enfin, Teror séduira les amateurs de l’artisanat typique canarien.

Côté sud, Puerto Mogan… Maspalomas…

La côte est jalonnée de villes très touristiques, comme Maspalomas, où l’on peut admirer les surprenantes dunes du même nom véritable petit bout de Sahara, classé réserve naturelle. Baigneurs et promeneurs foulent le sable qui marque l’entrée de la Réserve Naturelle des Dunes de Maspalomas et de ses trois écosystèmes : le Palmeral, la Charca et les Dunes qui suivent le contour que dessine le rivage. La totalité de la zone est un énorme espace naturel d’une valeur sans égal.

À quelques pas du Palmeral de Maspalomas (la Palmeraie de Maspalomas) se trouve l’espace naturel protégé de la Charca. Cette mare qui s’étend entre mer et sable est l’endroit de repos choisi par les oiseaux qui migrent du climat froid européen vers la chaleur africaine. Non loin, à Playa del Inglés et San Agustín place à la pratique des sports nautiques et terrestres comme le golf. Connue pour ses plages de sable fin et ses nombreux complexes hôteliers, la célèbre Puerto de Mogán est, la plus accueillante enclave de la région méridionale de la Grande Canarie.C’est l’endroit rêvé pour flâner ou se rafraîchir à l’ombre des maisons de couleurs qui se dressent le long des rues menant au port. Les fenêtres couvertes de bougainvillées et d’hibiscus font le bonheur des passants. Son port de plaisance est un important point d’amarrage où se mélangent bateaux de pêche et yachts. Pour les fêtards, soirées animées garanties dans les bars sur les quais.

À la découverte de Las Palmas…

Cheminer dans les rues de Vegueta pousse le visiteur à suivre les traces historiques les plus intenses de la ville. On flâne alors vers l’ermitage de San Antonio Abad et notamment la Place Santa Ana, sur laquelle se trouvent la Mairie, l’Évêché, la Casa Regental et la Cathédrale de Santa Ana. Vegueta abrite des musées comme la Casa de Colón (Maison de Christophe Colomb) où l’on découvre les aspects les plus intéressants du voyage de Christophe Colomb aux Amériques (sans oublier son séjour dans la ville). Mais ce n’est pas tout, on vous invite également à visiter le Musée Canarien, le Musée d’Art Sacré ou le Centre Atlantique d’Art Moderne. La ville permet de s’attarder sur l’architecture traditionnelle faite de patios, de maisons, de places piétonnes comme del Pilar Nuevo, Santo Domingo et del Espíritu Santo. S’il y a un site à ne pas manquer, c’est le Jardin canario de Las Palmas (entrée libre). On déambule alors sur 27 hectares consacrés aux espèces indigènes, et au cœur du centre botanique de conservation et de recherche de la flore de la Macaronesie.

Le jardin couvre à la fois une pente aride et le fond nettement plus humide et verdoyant du barranco Guiniguada, reconstituant différents milieux naturels. On y remarque des euphorbes-candélabres, sempervivum, dragonniers, palmiers, pins, lauriers, cactus… des figuiers de Barbarie. L’entrée principale du Jardín canario se situe vers le bas, sur la petite route de La Calzeda à Santa Brigída. Souvent considérée comme une simple destination balnéaire, la Grande Canarie vous réserve donc bien d’autres attraits, à condition de savoir quitter le littoral… le temps d’excursions.

Notre Carnet d’adresses :

Hôtel Gloria Palace San Agustin

Situé à Playa San Agustin, au sud-est de l’île, le Gloria Palace San Agustin est un établissement 4 * de qualité proposant de nombreuses activités de loisirs et une excellente cuisine. Une adresse idéale pour les familles et les couples et qui offre une cure de jouvence dans son vaste et élégant centre de thalassothérapie. Le Gloria Palace San Agustin se compose d’un bâtiment massif de 9 étages prenant la forme d’un cercle et abritant pas moins de 448 chambres et trois piscines. Une terrasse panoramique embrasse une vue imprenable sur la station balnéaire, les dunes de Maspalomas et l’océan. Le point fort du Gloria Palace San Agustin est indéniablement son centre de thalassothérapie. Construit en 1998, il s’agît de l’un des plus grands centres d’Europe avec ses 6 800 m² et 35 cabines de massage pouvant accueillir 300 curistes par jour ! L’architecture originale de l’édifice est une vraie réussite, avec son gigantesque toit de verre laissant filtrer la lumière du jour, oeuvre du fameux architecte canarien Luis Lopez. Le centre propose notamment des circuits de détente avec 29 stations d’hydromassage et large éventail de soins et traitement. Voilà un établissement certes imposant mais où l’on passe un très agréable séjour. Site web : www.gloriapalaceth.com

Hôtel Las Calas

Au sein d’une demeure bâtie en 1800, retirée des bruits et nuisances. Cette “Demeure des Sens”, à l’avant-garde et de style contemporain, accueillante et chaleureuse, se distingue par une fusion entre la pierre et le bois avec des traits ethniques de cultures lointaines. Toutes les chambres possèdent un design exclusif et combinent parfaitement des effets de design avec un mobilier traditionnel de l’île. Beau jardin et piscine. Idéal pour se détendre et à recommander aux randonneurs qui n’apprécient pas l’agitation des plages. Site web : www.hotelrurallascalas.com

Pratique

L’archipel des Canaries appartient à la Macaronésie (avec Madère, les Açores et les île du Cap-Vert). Il est distant de 110 à 500 km des côtes africaines et situé à environ 1000 km de la péninsule Ibérique et à 3000 km de Paris. Le climat est de type océanique. On peut s’y rendre toute l’année mais les saisons du printemps et de l’automne sont les plus agréables.

Monnaie : l’Euro. Population : 1 700 000 habitants environ dont 1 400 000 vivent sur les îles de Tenerife et de la Grande Canarie. Régime politique : les Canaries sont dotées d’un Parlement. Il s’agit d’une région autonome de l’Espagne. Economie : Tourisme (10 millions de visiteurs par an, essentiellement du nord de l’Europe), agriculture (tomate, banane, pomme de terre, fruits exotiques…), pêche et bâtiment et industrie alimentaire. Langue : espagnol (castillan) mais on parle aussi l’anglais, l’allemand et le français. Décalage horaire : Une heure de décalage par rapport à la France. Quand il est midi à Paris, il est 11h aux Canaries.

Pour en savoir plus : 

Consulter les sites web en français : www.spain.info et www.grancanaria.com

(Photos : P.Canac).

 

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