Sur les hauteurs de Deauville, Maison Douce Époque réinvente l’esprit de la maison de famille avec restaurant gastronomique, dans un manoir anglo-normand classé cinq étoiles. Découverte…

Lové sur les hauteurs du Mont Canisy, à quelques encablures de Deauville, ce manoir offre le calme que l’on vient chercher loin de l’effervescence de la Côte Fleurie.
Une belle histoire…
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Eugène Boudin y pose son chevalet. C’est aussi à Bénerville, que le collectionneur Paul Gallimard fait édifier, sur les pentes du mont Canisy, le Château Gabriel, en 1874, au moment même où nait à Paris, l’impressionnisme. Trois décennies plus tard, le lieu voit passer Marcel Proust et le jeune Gaston, fils de Paul et futur gérant de la Nouvelle Revue Française. En 1908, l’année de la rencontre entre les deux hommes, l’architecte Henri Goury s’inspire ouvertement du Château Gabriel pour construire une somptueuse demeure voisine, le Castel Bénerville, destinée à l’agent de change parisien François-Stephen Ribes. Ce dernier souhaite y recevoir le Tout-Paris. Contre les usages de l’époque, la façade principale est orientée vers le nord afin d’embrasser le spectacle marin, quand les demeures privilégiaient généralement le sud ou l’est pour gagner en lumière et en chaleur.

Le castel a connu depuis différents propriétaires : le parfumeur François Coty, avant d’être réquisitionné par l’armée allemande pendant la Deuxième Guerre mondiale puis il se mue durablement en vestige du passé. Un nouveau chapitre s’y écrit à l’orée du IIIe millénaire quand l’entrepreneuse Emmanuelle Bourgueil s’en empare. En juin 2025 après deux années de rénovation, l’édifice rouvre ses portes sous le nom de Maison Douce Époque. Ce qui fascine le visiteur à son arrivée, c’est le panorama sur la mer et le pays d’Auge. Depuis les chambres, l’hippodrome de Clairefontaine se dessine en contrebas, Deauville apparaît entre les arbres, Trouville se devine sur la droite et plus loin encore, le port du Havre ferme l’horizon.

Le temps s’arrête…
Philippe Chamard qui dirige l’établissement a coutume de déclarer : « Quand on passe le porche, le temps s’arrête. On ne voit plus la route, on ne sait plus ce qui se passe dehors. C’est comme une parenthèse durant laquelle les hôtes recherchent avant tout la simplicité : un luxe discret, attentif et sincère. » Si la façade à colombages reste la même qu’autrefois, l’intérieur a été entièrement repensé, mêlant les équipements d’un luxe discret aux inspirations littéraires. Aménagées dans l’édifice principal et les anciennes écuries, les 14 chambres et suites de l’établissement portent toutes le nom d’un écrivain. La chambre Jules Verne se pare ainsi d’un bleu profond, avec un poulpe en céramique, un lustre évoquant une méduse et une baignoire installée dans une alcôve aux accents sous-marins. La suite Victor Hugo ouverte sur la mer expose une horloge ancienne, un télescope et quelques ouvrages, parmi lesquels Les Misérables et Notre-Dame de Paris. La salle de bains XXL, contemporaine et épurée, profite de la vue sur la mer.

Une autre chambre est dédiée à l’univers de Marcel Proust, la suite abrite dans sa bibliothèque l’intégrale de la Recherche. Maison Douce Epoque vous emmène dans un univers à la décoration inattendue : les objets anciens côtoient un mobilier contemporain, on y observe un gramophone, un sextant ou encore un ancien scaphandrier… La cuisine, avec sa cuisinière Aga, ses meubles patinés et son allure délicieusement vintage, contribue particulièrement au sentiment d’être reçu dans une vraie maison. On se surprend à se sentir chez soi.

Le temps d’une pause…
Pour les amateurs de zenitude ou de sport, rendez-vous sur le court de tennis ou le Spa comprenant une piscine intérieure avec nage à contre-courant, un hammam, un jacuzzi, une salle de sport et deux cabines de soin. Les protocoles sont signés KOS Paris et Bellefontaine. À l’extérieur, la piscine à débordement chauffée à 30 °C promet de bons moments de détente.

Maison Douce Époque, c’est aussi le restaurant, Le Romanesque orchestré par le chef Kévin Legoy. Enfant de la région, il est passé par le Domaine des Hauts de Loire, le Ritz Paris puis la Collection Saint-Siméon. Ici, la décoration de la table prolonge le paysage extérieur. Les assiettes nacrées, les porte-couteaux en forme de coquillage et la vaisselle inspirée du monde marin installent un fil conducteur élégant. Le Chef propose une cuisine délicate et créative, servie en cinq ou sept escales, où la précision des assiettes ne prend jamais le pas sur le goût. Les poissons viennent des petits bateaux de Trouville, les légumes de maraîchers bio installés à quelques kilomètres et les fromages d’affineurs de la région. La cave suit la même logique de proximité, avec des cidres et des poirés du pays d’Auge figurant aux côtés d’une belle carte de vins.

À peine un an après son ouverture, Maison Douce Époque s’invite déjà dans la cour des grands : elle s’est vue décerner une Clef Michelin. Par ailleurs, le boutique-hôtel concourt parmi les 100 plus beaux hôtels du monde sélectionnés par le prestigieux magazine américain Condé Nast Traveler.

Pas de doute, Maison Douce Époque réinvente l’hospitalité et l’adresse se veut chaleureuse et sans ostentation, portée par une équipe aussi discrète qu’attentionnée. Une halte s’impose !
Pour en savoir plus :
Maison Douce Époque***** Chemin. du Tocq Le Caniset, 14910 Benerville-sur-Mer, tél. + 33 (0)2 58 47 22 87. Site web : https://maisondouceepoque.com/
(Photos : Arthur Joncour).