Vous reprendrez bien une part de désert !

le 04/03/2016

Les déserts sont à la mode. Et plus d’un aimerait bien aller s’y ressourcer, voire méditer. De façon quasi-exhaustive, le photojournaliste Michaël Martin, dans une démarche originale, scrute et raconte tous les déserts froids et chauds de la planète. Remarquables aussi les 40 ans du Petit Futé qui nous a encore concocté quelques surprises. Et aussi le Chili, Madère , New York, Bali, Venise….



Coup de cœur

Territoire déserts



Voilà une somme pour ne plus rien ignorer des déserts chauds et froids. 448 pages grand format consacré aux territoires désertiques. Michael Martin, photographe allemand, documentariste, auteur de nombreux ouvrages sur les déserts et l‘aventure, médaillé de la très sélecte Royal Geographic Society a vadrouillé, au cours d’une quarantaine de voyages dans les années 2009 à 2015, dans les régions les plus reculées au monde. Il en a rapporté des images exceptionnelles.

Presque la moitié de notre Terre est couverte de zones arides qui se sont développées autour de la terre en deux ceintures inter-et subtropicales et de déserts froids au-delà des cercles polaires. « L’objectif de cette ouvrage, souligne Michael Martin, est de comparer ces quatre zones extrêmes, d’en montrer les parallèles et d’en pointer les différences ». Il nous entraine donc, à travers 400 photos couleurs et des cartes satellites, en Arctique, puis dans les déserts de l’hémisphère nord (Gobi, Ladakh, Sahel, Sahara…) puis de l’hémisphère sud (Namib, Kalahari, Atacama, Altiplano …et en Antarctique.

Les nombreux récits de voyage qui courent tout au long de l’ouvrage permettent de mieux comprendre la démarche de l’auteur qui entend aussi souligner les points communs des climats et des peuples - rares mais jamais absents - de ces zones extrêmes.  En contre-point, l’ouvrage est enrichi par dix contributions de spécialistes des zones extrêmes sur les paysages, le changement climatique des zones arides, les animaux, le rôle des traditions dans l’économie de ces régions et enfin une histoire de l’exploration des régions polaires et des déserts arides.

Au total, l’idée, peut-être singulière, de scruter et réunir dans un même ouvrage les déserts chauds et froids se révèle particulièrement pertinente, enrichissante et passionnante.

Emmanuel Gabey

*Territoire Déserts, 448 pages, 400 photos couleurs de Michael Martin, 69 euros Editions de la Matinière.

Chapeau le Petit Futé !

Les guides Petit Futé soufflent cette année leurs quarante bougies ! Un temps considéré simplement comme le concurrent du Routard, le Petit Futé a su trouver son chemin et son slogan : « les bonnes adresses du bout de la rue au bout du monde ». Et compte aujourd’hui le plus grand nombre de destinations des guides de voyage à son catalogue, dont une centaine de destinations exclusives.

Quelques chiffres : le Petit Futé couvre 187 pays et est publié en français, bien sûr, mais aussi en anglais, en espagnol, en russe et en chinois, ce qui couvre pratiquement la Terre entière. C’est aussi 713 titre en 2015, quatre guides créés ou réédité chaque jour dans le monde ! Et 2000 applications numériques. Enfin, depuis mars dernier c’est le seul éditeur à proposer les fameux B.O.D (Book On Demand) : des guides sur mesure et customisés "au chiffre" de son auteur via une interface numérique permettant au voyageur de créer, en quelques clics, son propre guide papier et numérique, selon ses désirs (itinéraires) et ses besoins (catégories) (www.mypetitfute.com).



Le Petit Futé avait fait sensation en publiant voici environ trois ans un guide consacré à l’Afghanistan. La démarche semblait saugrenue dans ce pays en guerre. Mais c’était sans compter sur les nombreux soldats français et francophones basés sur place qui y trouvèrent des adresses et tuyaux pour vivre au mieux ce « séjour ». Autre démarche singulière, la toute récente publication d’un guide sur le Pakistan.

Morgane Pellennec, auteur de ce guide, prend les devants dans sa préface, et s’il ne parle du risque que dans un petit encadré de mise en garde, il souligne qu’à ses yeux, « la méconnaissance du Pakistan, parfois entretenue par certains de nos médias n’est-elle pas l’une des meilleures raisons pour le voyageur curieux de fouler ses terres ? ». Et de rappeler, ce qui est vrai, que le Pakistan, c’est « cette mosaïque de peuples, de langues, de traditions, de paysages et de religions. Un pays riche d’une histoire plurimillénaire qui a laissé des traces culturelles et architecturales uniques et somptueuses ». Effectivement. Chacun fera ses choix.

E.G

Chili et ile de Pâques



Pour sa quatrième édition, ce guide Lonely Planet a été totalement remis à jour. Et il donne bougrement envie d’y aller. Car cette étroite bande de terre qui court sur 4300 km, du désert le plus aride du monde (Atacama)) aux vastes champs de glace du sud et du cap Horn est un véritable patchwork. On découvre des vallées fertiles, des dunes gigantesques, mais aussi des forêts millénaires, des volcans, des glaciers. Bref, la nature à l’état pur même si certaines villes commencent à souffrir de la pollution.

Si l’on connait bien aujourd’hui le vignoble chilien qui fait partie de bons vins du nouveau monde, on sait peut-être moins que Santiago, la capitale est une ville particulièrement décontractée toujours en mouvement. Ni que le port de Valparaiso tient toutes ses promesses avec ses ruelles décorées des célèbres « murales ». Quant à la vie rurale, à découvrir tout au long du voyage, elle confirme le bien-fondé de l’adage chilien : « Qui se hâte perd son temps ».

En prime, tout ce qu’il faut savoir sur l’ile de Pâques avant d’aller découvrir ses énigmatiques statues géantes.

E.G

516 pages, 22,50 euros Lonely Planet éditeur. A noter chez le même éditeur la parution, dans la collection « En quelques jours », de Tokyo, La Nouvelle-Orléans et Sydney. 9,99 euros chaque.

Bali et Lombok



Dans l’épatante collection Bibliothèque du voyageur, on retrouve toujours les trois sections : informer, guider et illustrer, chacune d’elle étant identifiée par des bandeaux de couleur. La nouvelle édition de « Bali et Lombok » qui vient d’être publiée, était attendue avec intérêt. Car Bali est et reste un rêve pour bien des voyageurs fascinés par cette ile-enclave hindouiste dans un monde musulman (modéré) aux traditions fortes et sincères.

Danses et théâtre, nombreuses activités de plein air, balades à dos d’éléphant, fêtes et cérémonies, le rôle des offrandes et la découverte de l’ile de Lombok avec sa jungle, ses cascades, son volcan éponyme…. Bref, vous saurez tout sur ces deux iles étonnantes qui devront toutefois se défier du développement touristique à outrance qui risque de défigurer à terme ce petit paradis tropical.

E.G

288 pages, 29,50 euros. Gallimard éditeur. Dans la même collection, vient de paraitre l’Afrique du sud, l’Argentine, le Brésil et les pays baltes.

Géoguide Madère



On connait l’archipel portugais de Madère, cette ile aux fleurs où il fait bon toute l’année à moins de quatre heures de Paris. Il y a beaucoup de choses à y faire, notamment les sports nautiques, et aussi à voir. La nouvelle version du Géoguide Gallimard donne surtout, et cela manquait, la liste détaillée de vingt-trois randonnées qui courent le long des 2000 km de levadas, ces canaux d’irrigation qui serpentent dans toute l’ile à travers massifs montagneux et forêts. Classées par difficultés, de la plus facile à la plus technique, elle incitera, c’est sûr, chaque visiteur à découvrir le pays au bout de ses semelles.

E.G

Géoguide Madère, 240 pages,4 cartes de la région, 4 plans de ville ;Prix : 14,90 euros. Gallimard éditeur.


Rajasthan



Dans la collection Grands voyageurs des éditions du Chêne, le Rajasthan mérite toute sa place car cette région est tout simplement exceptionnelle par ses constructions, ses gigantesques palais de maharadjas transformés en hôtels, sa capitale Jaipur, mais aussi les villes de Jodhpur, Jaisamer, Bokaner et Udaipur. Sans oublier le désert de Thar. Les sadhus. Et les traditionnelles et subtiles marionnettes du Rajasthan.

Le reportage photo dû à l’agence Hemis est particulièrement réussi, montrant au fil des pages la vie quotidienne dans cette grande région où se côtoie tradition et modernité échevelée. Couleurs violentes, bariolées ou lumineuses, sculptures minutieuses et fragiles, presque odeurs et bruit, animaux en liberté, ambiances fortes des rues et des rives du fleuve, on ressent bien dans ces pages le bouillonnement d’un pays en train de prendre son envol.

E.G

Rajasthan, Texte de Serge Bathendier, photos Hémis, 160 pages, Collection Grands voyageurs, éditions du Chêne, 26,90 euros.

Love à Venise



Les éditions Hikari ont choisi des angles résolument originaux pour tenter de se faire une place sur le marché déjà bien encombré du guide de voyage.

Après la collection « Vivre le monde » pour les futurs expats (une dizaine de titres parus, couvrant la plupart des pays concernés : l’Australie, la Chine, la Corée, les Etats-Unis le Japon , le Québec et la Russie), puis « Vivre ma ville », basé sur l’interview poussé d’une douzaine d’habitants de Bangkok, Berlin, LA, Montréal, New York, Pékin…) et « Enquête d’ailleurs » sur des thèmes aussi iconoclastes que « Pourquoi l’Amérique nous espionne » ou « Pourquoi Bruxelles brade l’Europe » ou encore « Pourquoi le Brésil, c’est pas le Pérou » ( !), voici une collection dans un tout autre genre baptisé « Love in the city » qui se propose de dévoiler tous les secrets d’un lieu à vivre en amoureux. Premier titre paru « Love à Venise ». Choix judicieux car tous ceux qui ont déjà été à Venise veulent y retourner et ceux qui n’y ont pas été rêvent d’y aller.

Ce petit guide au ton enlevé décline donc les classiques de la ville à partager à deux. Avec beaucoup d’adresses peu connues, coquines ou originales révélées par Alice Chéron qui signe ce guide et qui vit en Italie depuis de nombreuses années.

E.G

160 pages, 10 ,90 euros - www.hikari-editions.com . Prochains titres dans cette collection : « Love à Paris » et « Love à Toulouse » ( les Toulousains seront surement sensibles à cet honneur).

Coutumes du monde



Pour qui voyage un tant soit peu, les coutumes dans les pays visités doivent impérativement être connues. Cela évite les impairs toujours fâcheux et facilite la communication avec les autochtones.

Ce petit livre de Gavin’s Clemente Ruiz , enquêteur-rédacteur au Routard est le fruit de son expérience de globetrotter professionnel. Il recense donc, classé par thème (vie e société, vie de famille, à table, spiritualités, la fête et le langage corporel) , la conduite à tenir selon les situations.

Ainsi, par exemple, mais c’est un cas un peu extrême : chez les Papous, la tradition veut que l’on coupe les cils d’une personne avec les dents pout lui montrer… son intérêt. Ou encore, en Asie du sud-est, le compliment est considéré comme une critique sous-jacente qui indique que l’on cherche à se débarrasser d’eux. Et aussi : au Vietnam, croiser les doigts en signe de chance sera considéré comme obscène : les deux doigts entrelacés y représentent une vulve…

Editions du Chêne, 206 pages 14,90 euros. Dans la même collection, « Coutumes du Japon », de David Michaud dissèque les traditions et superstitions au royaume du Soleil Levant.

Le petit livre de New York



Ce petit livre au format de poche à la couverture rembourrée et illustré d’images d’autrefois, raconte page par page l’histoire de la Grande Pomme. A travers ses quartiers, ses monuments, ses rues, défilent ainsi la statue de la Liberté, le Stock Exchange mais aussi, bien sûr Ellis Island, City Hall, Manhattan Bridge et Madison square, etc. Vous saurez aussi pourquoi Broadway est la seule grande avenue à traverser tout Manhattan ou pourquoi Brighton Beach est surnommé Little Odessa. Une façon très plaisante de préparer un voyage à New York.

Le petit livre de New York, de Christine Barrely, format 10x15, 176 pages, 14,95 euros Editions du Chêne. Déjà paru dans la même collection « Le petit livre de Paris ».

À lire aussi