Tramway du Mont-Blanc, en route vers les sommets

le 12/08/2015

Le Tramway du Mont-Blanc, inauguré en 1909, est le plus haut train à crémaillère de France, il grimpe jusqu'à 2 372 m d'altitude. Découverte…


Gravir la montagne du Mont-Blanc en chemin de fer tel était le pari un peu fou de visionnaires qui lancèrent cette idée, en pleine révolution industrielle du 19ème siècle. On évoquait même, le projet farfelu, d’un « métro » enterré sous un glacier et d’un colossal ascenseur s’élevant verticalement sous le toit de l’Europe...


Vers le Mont-Blanc…


Après bien des débats, nait le Tramway du Mont-Blanc. Il fut baptisé ainsi parce que sur les premières centaines de mètres du parcours, le train circulait dans les rues du village du Fayet, point de départ de la ligne. Un premier tracé menait le train jusqu’à l’Aiguille du Goûter, le prolongement jusqu’au Mont-Blanc n’étant envisagé qu’en ultime étape.


La ligne est finalement mise en service en 1909, le train dessert alors le cœur du bourg de Saint-Gervais-les-Bains au Col de Voza. En 1911, il atteint le Mont-Lachat (2000 mètres d’altitude) et en 1913, il va jusqu’au chaos rocheux du Nid d’Aigle, en vue du Glacier de Bionnassay. Le terminus que l’on pensait provisoire le restera en raison de difficultés financières et de la déclaration de la première guerre mondiale.

Le tramway du Mont-Blanc reste le plus haut chemin de fer de France les rampes les plus fortes atteignent 25%. Il grimpe jusqu'à 2 372 m d'altitude et vous promène jusqu'au pied du Mont-Blanc le long de dénivelés qui peuvent atteindre 400m. Pendant le trajet -12 kilomètres- , six arrêts ponctuent le cheminement, une succession de paysages défilent. Il y a beaucoup de monde à bord du train, en plein été, des gens restent souvent debout et s'accrochent à une barre… le tramway a un peu les allures du métro parisien. En moyenne 11 000 personnes empruntent le petit train qui a été largement dans le film Malabar Princess de Gilles Legrand, (2004) avec Jacques Villeret.


Les premiers monts enneigés…


Electrifié depuis 1957, en été, le TMB (tramway du Mont-Blanc) conduit des hordes de randonneurs et d’alpinistes depuis St Gervais au Nid d’Aigle (devant le glacier de Bionnassay). Les motrices répondent aux doux noms de Jeanne, Marie et Anne, des prénoms féminins attribués par le propriétaire de l’exploitation en 1956, Monsieur Noury.

Une fois passé le col de Voza, la vallée de Chamonix se dégage, les premiers monts enneigés, quand ils ne sont pas accrochés par quelques nuages, se détachent du ciel bleu. « On aperçoit les sommets qui séparent la France de la Suisse et de l'Italie » lance Pierre, un passager et randonneur aguerri.


Outre les paysages, le tramway du Mont-Blanc permet de découvrir le patrimoine de la Savoie, les vaches, le long de la voie ferrée et l'évolution de la nature. Passé les 2 000 m d'altitude, la roche remplace les arbres puis au sommet, la température baisse de 10 °C. Le soleil frappe fort. A seulement 10 minutes, fondu dans la masse rocailleuse, le nouveau refuge du Nid d'Aigle accueille les visiteurs. C’est à partir de là que beaucoup se lancent dans l’ascension du Mont-Blanc par la voie normale, itinéraire le plus fréquenté.

D’autres alpinistes épuisés par l'ascension du plus haut sommet d'Europe attendent le prochain tramway. « Regardez ces nez brûlés, mais aussi ce sourire qui se dessine sur leurs lèvres », s'enthousiasme Chantal, chef de train.


Dates d'ouverture : Hiver : de mi-décembre à mi-avril. Eté : de mi-juin à fin septembre.


Pour en savoir plus :


Tramway du Mont-Blanc, Avenue de la Gare 74170, Saint-Gervais les Bains, tél : 04 50 53 22 75. Site web : www.compagniedumontblanc.fr

(Photos : D.Krauskopf).


 

À lire aussi