A Mandelieu-La Napoule, la star c’est le mimosa

le 26/01/2022

Bien sûr il y a la Méditerranée au bleu profond qui rivalise avec le ciel azuréen. Et puis, au cœur de l’hiver, cette fleur insolente aux grappes d’or illumine les collines et les jardins et enchante le massif du Tanneron alentour. Chaque année, Mandelieu-La-Napoule, située non loin de Grasse, face aux îles de Lérins et de Cannes célèbre la floraison miraculeuse du Mimosa. Découverte…




Par Martine Delaloye

La fête n’aura pas lieu… mais la ville sera en fête…


Malheureusement, cette année, la Fête du Mimosa qui déplace traditionnellement près de 20 000 visiteurs et pour laquelle il ne faut pas moins de 3 à 4 tonnes de mimosa pour fleurir les chars préparés par 250 à 300 bénévoles, n’aura pas lieu. Quel dommage que ces 3,5 km de corsos auxquelles 25 troupes d’artistes nationaux et internationaux participent ne réjouissent pas, une fois encore, le cœur en hiver des Mandolociens et des Napoulois et de ses hôtes.



Pour autant, la ville ploiera sous les tonnes de mimosas parfumés et de belles installations. Comme chaque année, une bénédiction aura lieu à Notre-Dame des Mimosas, la chapelle construite dans le quartier des Termes grâce à la générosité de ces habitants en 1927 et sauvée par eux de la destruction en 2007. On annonce pour le lendemain un fabuleux concert sur le thème des grands airs et duos d’opéra, et comédies musicales.



Randonnée parfumée…


C’est une bonne raison pour aller à la rencontre du mimosa sauvage, chausser de bonnes chaussures et randonner dans le Massif du Tanneron en compagnie de Maddy Polmeri qui vous guidera par de petits sentiers méconnus au cœur de la plus grande forêt de mimosas d’Europe. La balade s’élève tranquillement parmi les grands mimosas croulants sous les grappes fleuries dans un univers olfactif délicat. Parfois, dans une trouée, on aperçoit la ville gansée par la mer. On se trouve alors sur le parcours de cette grande route du mimosa qui s’étend sur 130 kilomètres, de la Corniche des Maures au Massif du Tanneron où s’offre, pendant quelques semaines seulement de mi-décembre à fin février, le spectacle unique des collines ruisselantes d’or sur fond de bleu méditerranéen.



De Bormes-Les-Mimosas à Grasse, la Côte d’Azur se pare d’une couleur inhabituelle sous la douceur hivernale. Tout le long de la balade, Maddy conte l’histoire de cette plante venue d’ailleurs. Lors d’une halte, elle vous fera goûter son sirop de mimosa fait maison, qui a « le goût de sa couleur ». Et l’on comprend ce qu’elle veut dire. A mélanger avec de l’eau ou mieux avec du vin blanc pour un kir inédit. On apprend aussi que le mimosa se fait « gourmandise », sous forme de bonbons ou encore de tarte au Mimosa élaborée par Mathieu Marchand, jeune pâtissier talentueux de l’Oasis. Fragonard, le célèbre parfumeur, n’est pas passé à côté de cette fleur et a élaboré un parfum et un savon « Belle de Grasse » où le mimosa tient la note de cœur. Site web : www.maddypolomeni.com



Le mimosa venu d’ailleurs…



Le mimosa est une variété d’acacia à fleurs jaunes dont il existe 1200 espèces dont la plupart viennent d’Australie. On trouve également des mimosas en Afrique du Sud, en Amérique centrale, en Amérique du sud, et un peu en Asie. Sur la Côte d’Azur, on dénombre 160 espèces. L’histoire du mimosa sur la Côte commence en 1860 lorsqu’un ami voyageur rapporte d’Australie à Gilbert Nabonnand, botaniste et chercheur de talent à Golfe-Juan, une plante qui se couvre de mille fleurs dorées l’hiver suivant. Dès lors, séduit par ce soleil d’hiver, Nabonnand organise l’importation de ces précieux plants, qu’aussitôt les célébrités en villégiature hivernale sollicitent pour agrémenter leur parcs et jardins. Une note d’or en hiver, au côté des palmiers et eucalyptus, quelle aubaine pour Lord Broughan, le Marquis de Morès, le Duc de Vakkilbrosa ou encore Sir de Woolfield !

Le mimosa est un sauvageon volage qui demande peu d’eau et se contente de sols rocailleux et pauvres. Très vite, il prolifère sur les collines. Cependant la fleur est fragile et ne supporte pas le voyage. Il faut attendre la découverte du « forçage » qui consiste à conserver le mimosa dans une pièce maintenue à température de 25°C et une hydrométrie de 85, favorisant l’éclosion de la fleur pour envisager sa distribution. Emballées dans des casiers d’osier, jusqu’à 1200 tonnes de rameaux partent des gares de Mandelieu et de Cannes. Plus tard en 1967, l’utilisation du « Chrysal » une poudre assurant l’épanouissement des bouquets et leur durée de vie en vase ouvre plus largement l’exportation de cet acacia dont la floraison est courte, environ de mi-décembre à fin février. Le mimosa quitte alors ses collines en grande quantité pour des destinations lointaines… Au début du 20e siècle, 80 horticulteurs exploitaient le mimosa, principalement sur le quartier du Capitou. Aujourd’hui, il ne reste que 4 familles de mimosistes.



L’arboretum du Capitou

Un arboretum de Mimosas a trouvé récemment sa place au cœur du Parc offert à la ville par Emmanuelle de Marande, dans le quartier historique du mimosa, le Capitou. Plus d’une centaine d’espèces a été plantée, une sorte de conservatoire à ciel ouvert, où lire l’histoire du mimosa sur une quinzaine de panneaux. Les plants de mimosa sont encore jeunes et le jardin n’est pas à son apogée, mais cela ne saurait tarder.
L’entrée est libre, même pour les chiens, et gratuite.



Mandelieu-La Napoule, destination douceur même en hiver…


De cette petite ville de 22 000 habitants, lovée au pied de l’Esterel dans le golf de La Napoule, on connait surtout l’activité nautique qui bat son plein en été grâce à ces sept ports et ses plages. Deux golfs fameux, le Old Course et le Domaine de Barbossi en font la première destination golfique de la Côte d’Azur. Le Château de La Napoule apporte la note glamour à la ville qui ne manque pas de charme.



Le Golf Old Course, un golf historique et prestigieux

Exilé par le tsar Alexandre III, le Grand-Duc Michel de Russie qui s’est adonné aux plaisirs du green sur l’un des plus anciens golfs d’Ecosse, le Old Course de Saint-Andrews (16e siècle) crée en 1891, le premier golf azuréen. Un 9 trous « le Grand Duc » où se presse l’aristocratie européenne, puis les stars hollywoodiennes. Après avoir été la propriété du groupe Barrière, il appartient à la famille Camerini depuis 1997. Désormais il propose deux parcours, le « Grand-Duc » et un 18 trous qui s’étend de part et d’autre de la Siagne, un fleuve que les golfeurs doivent traverser sur un bac. Ce qui ne manque pas d’originalité !



Face au fairway du trou N°18, le restaurant a trouvé une place de rêve. La grande terrasse insérée entre les pins parasols séculaires propose tout le bien-être nécessaire au plaisir de la table. On ne saurait trop recommander aux amateurs de bonne viande, la côte de bœuf d’Angus de 350 g, réservée aux appétits féroces. Juste à côté, La Grange, table d’hôte intimiste se réserve pour des soirées entre amis, en famille ou des soirées d’affaires. Site web : www.golfoldcourse.com



L’idyllique Château de La Napoule, l’héritage culturel des Clews, artistes et mécènes américains

Derrière les murs, bien à l’abri de la ville, se cache un univers merveilleux. Une bâtisse néo-médiévale, ancienne demeure des Comtes de Villeneuve, dominant la mer sur son piton rocheux, entourée d’un magnifique parc peuplé d’étranges sculptures. C’est le domaine des Clews, un couple hors du commun qui a marqué cette propriété de son esprit génial et fantasque. Sur le fronton du château, une devise en lettres gothiques « Once upon a time » donne le ton ! A l’entrée Dumbo l’éléphant, œuvre d’un artiste flamand Serge Van de Put accueille le visiteur.



C’est en 1918, qu’Henry et Marie Clews achètent la forteresse en ruines et lui redonnent vie. La restauration leur prendra une vingtaine d’années. On est au cœur des années folles. Les fêtes somptueuses, les bals et dîners se succèdent. Le couple reçoit l’aristocratie européenne, des américains en villégiature, des artistes de tous horizons, mais aussi les gens du village. C’est un lieu de rencontres, d’accueil, d’échanges, de création. Henry est sculpteur (1876-1937). Ses sculptures mystiques et étranges, grotesques, parfois phalliques, peuplent le parc ou sont exposées dans son atelier.

Le magnifique parc aménagé par Mary se compose uniquement de végétaux persistants, d’espaces à l’italienne ou de jardins anglais agrémentés de bassins, fontaines, sculptures. Peu de fleurs, sinon blanches, on est dans un univers exclusivement vert et blanc. Il est classé Jardin Remarquable. Une belle terrasse face à la mer offre un délicieux moment de repos. La visite du château entraîne le visiteur dans leur monde hétéroclite, un royaume imaginaire, où se mêle fantaisie et humour, bas-reliefs, colonnes, chapiteaux, fontaines, dans une sorte de bestiaire étrange. A l’intérieur, les porcelaines délicates jouxtent un mobilier très rustique, des meules de moulin à huile servent de table, les tableaux belle époque de Marie ornent les murs.



Au décès de son mari, Marie Clews crée en 1951 « La Napoule Art Foundation » en hommage à son travail. Aujourd’hui, à travers le « Clews Center for the Arts » qui s’emploie à soutenir la création artistique et accueille des artistes et créateurs en résidence, l’esprit de ce couple hors du commun se perpétue. Chaque année, une dizaine d’artistes et créateurs sont invités au château durant 5 mois de mai à septembre. Ecrivains, poètes, illustrateurs, compositeurs, sculpteurs, vidéastes trouvent au cœur de cette propriété protégée le calme nécessaire à leur créativité. Ils sont logés au château ou à la Villa Rose à proximité. Site web : www.chateau-lanapoule.com



A faire aussi :



Une jolie balade sur la Siagne, petit fleuve tranquille qui prend sa source sur les hauteurs des Alpes-Maritimes, en bateau électrique qui se faufile en silence entre les cygnes et les pêcheurs. Au passage, on repère deux hôtels 4 étoiles rénovés, le CasaRose et l’îlot du Golf, deux adresses élégantes avec vue sur l’eau.

Notre carnet d’adresses




Hôtel Pullman****, Royal Casino, les pieds dans l’eau



L’hôtel épouse l’anse de la plage offrant d’un côté une vue exceptionnelle sur la mer jusqu’aux îles de Lérins. De l’autre côté, les chambres ont une vue tout aussi divine sur le green et ses pins parasols du Gold Old Course. La décoration intérieure élégante et contemporaine a été confiée à Tristan Auer, élu Créateur de l’Année en 2017. Les 213 chambres et suites avec terrasse privée, spacieuses, baignées de lumière, largement ouvertes sur le ciel et la mer ou la verdure, invitent au bien-être d’un confort luxueux. Les salles de bain jouent le confort maximum avec douche et baignoire.

Initialement dédié au tourisme d’affaires, il accueille aujourd’hui une clientèle désireuse de profiter de la plage privée, de la piscine extérieure chauffée, du court de tennis et d’un espace de remise en forme ouvert sur la mer et de la proximité des deux golfs prestigieux. 1 500 m2 d’espaces jouissant des dernières technologies et d’un grand confort, sont dédiés aux séminaires et évènements. Les adeptes de jeux divers ne sont pas en reste - machines à sous, tables traditionnelles ou électroniques, bar, terrasse extérieure - le Royal Casino Joa comble locaux ou touristes. Le soir, c’est à la discothèque que tout le monde se retrouve pour se divertir. Site web : www.pullman-mandelieu.com



Restaurant Blue Lemon de l’hôtel Pullman, chic et décontracté face à la mer



L’évocation méditerranéenne est là. « Blue Lemon », le bleu du ciel et de la mer et le jaune du citron qui égaie la côte. Le Chef Cédric Milliot, enfant du pays propose une belle cuisine aux accents azuréens où les produits locaux ont la part belle pour ne citer que les beaux produits de la pêche locale. Bien que moins local, l’œuf parfait posé sur une crème de cèpes aux moules de bouchot et son éventail croustillant est un incontournable. Les Saint-jacques aux artichauts sont aussi goûteuses que bien présentées. Un conseil, ne faîtes pas l’impasse sur les desserts concoctés par Camille. Le millefeuille framboise est impressionnant. Site web : www.pullman-mandelieu.com



L’Oasis, l’iconique adresse gourmande du Domaine de Barbossi où l’art est aussi à l’honneur


Au cœur de Mandelieu-La-Napoule, l’ancienne adresse emblématique fait désormais partie de la Collection Barbossi, le groupe qui décline l’art de vivre et l’excellence à travers chacune de ses maisons. Désormais un salon de thé avec boutique de produits traiteur raffinés et une belle cave aux 1200 références ont trouvé leur place dans ce lieu privilégié avec jardin exotique. Le jeune chef pâtissier Mathieu Marchand met son talent au service de l’offre saisonnière.



Actuellement, la tartelette Mimosa légère et goûteuse célèbre la floraison du mimosa. L’art, au cœur des préoccupations du groupe, fleurit sur les murs et dans le jardin. A quelques pas, La Villa Logis d’Azur, expose 83 œuvres de René Crevel, décorateur, architecte et peintre, artiste peu connu qui marque pourtant de son empreinte le mouvement Art Déco de l’entre-deux-guerres. Son art s’étend au papier peint, au tissu, tapis et tapisserie, émail et faïence. Il signe entre autres de nombreuses créations pour les manufactures françaises de Sèvres et de Limoges. Sites web : www.boutique@oasis-mandelieu.fr et www.domainedebarbossi.fr

Le Riviera Golf de Barbossi, l’autre 18 trous prestigieux


Imaginé par Robert Trent Jones Senior en 1991, ce golf prestigieux propose un parcours de 18 trous avec superbes vues sur le massif de l’Esterel et les vignes du Domaine de Barbossi qui ne couvrent pas moins de 1350 ha. Fidèle à l’esprit du groupe, c’est un musée à ciel ouvert où les œuvres de Georges Boisgontier, Max Cartier, Jean-Claude Fahri… soit 23 créations jalonnent le parcours pour le plus grand plaisir des golfeurs. Site web : www.domainedebarbossi.fr
 
Y aller : Vol Paris Orly/Nice en 1 h 30 env. avec Easyjet puis ½ h env. de voiture Nice-Mandelieu. Site web : www.easyjet.com

Pour en savoir plus :


Consulter le site web de l’Office de tourisme de Mandelieu La Napoule : www.ot-mandelieu.fr

(Photos : Martine Delaloye et OT Mandelieu-La-Napoule.Camille Moirenc- Jérôme Kelagopian).

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