Samoëns autrement…

le 12/02/2020

Du ski dans la délicieuse station village de Haute-Savoie, mais pas que… Découverte…



Par Martine Delaloye

A proximité de la frontière suisse, à 1 h de Genève et 1 h30 de Lyon, Samoëns est facilement accessible. Il serait dommage de se priver d’un tour de glisse dans cette station qui a plus d’un tour dans son sac. Un village qui a une histoire et convie à la découverte, une station qui innove et invite à prendre du temps pour soi, se ressourcer, se reconnecter à son corps et à la nature. Marche afghane, yoga du froid, ski de pleine conscience, ou détour aux spas d’altitude, des activités slow à tester au grès de ces envies ou de ses besoins au cœur d’une nature d’exception.



Du ski, bien sûr...


Du ski, tout au long des 265 km de pistes du Grand Massif, l’un des plus beaux domaines de glisse, relié aussi à Flaine, Les Carroz, Morillon et Six Fer à Cheval et la folie des cimes, en 8 mn seulement par le télécabine du Grand Massif Express. On accède alors au paradis blanc à 1600 m d’altitude, face à un panorama époustouflant sur les Alpes.



Que du bonheur, pour les fondus du ski, caparaçonnés dans leurs tenues de couleurs vives – pour ne pas passer inaperçus– casqués, harnachés d’efficaces chaussures de compétition, pour les débutants comme pour les champions ! 142 pistes de haut niveau à dévaler en star de la descente sur les 12 noires et 47 rouges, ou en gourmet sur les 23 vertes et 60 bleues. En solo, en famille ou en tribu !


La montagne autrement...


Il n’y a pas que le ski à Samoëns. Tout autour, la nature est là, généreuse, magnifique. Un site extraordinaire où se ressourcer, se reconnecter à soi-même et à la nature, à travers des activités douces, la marche Afghane, le Yoga du froid, les spas ou encore le ski de pleine conscience.



La marche afghane, une méditation active...


La marche afghane, à l’origine est la marche des caravaniers en transhumance avec leurs troupeaux de chameaux dans les montagnes et les déserts afghans. A Samoëns, on est juste dans les Alpes françaises et c’est, selon la définition de Claire, une invitation « à vivre simplement l’instant présent, un moment de paix et de détente intérieure ». Ce n’est donc pas une incitation à battre des records de distance ni de vitesse !

La balade commence en forêt saupoudrée de neige, sur une pente douce où le seul bruit est celui de la cascade qui ruisselle à quelques pas, des crissements des pas sur le sol gelé… On apprend à synchroniser sa respiration avec le rythme de ses pas, en s’adaptant au dénivelé, à plat, en montée tranquille, puis plus raide, en descente aussi. On apprend à respirer à fond par le nez, ce qui réchauffe l’air et provoque une suroxygénation, qui devient utile et permet d’avancer plus vite avec moins d’efforts.

On apprend à utiliser ses 5 sens, à réintégrer ses perceptions, intérieures et celles de l’environnement. On prend conscience de la sensation de ses pieds sur le sol, de la vibration de la terre, à s’enraciner comme un arbre…Des notions oubliées. Dans cet environnement magique, cette initiation est un moment un peu étrange, qui laisse une sensation de bien-être et donne envie de recommencer. Pour en savoir plus, lire la régénération par la marche afghane d’Edouard G. Stiegler. Site web : www.philipczyk. free.fr



Le yoga du froid...


Claire, qui mérite bien son nom, conduit le petit groupe chaussé de raquettes au cœur de du cirque du Fer à cheval, un immense amphithéâtre calcaire d’environ 5 km, bouclant de ses falaises à 700 m de hauteur l’est de la vallée du Giffre. Le site est exceptionnel, endormi pour l’heure sous la neige qui le rend encore plus mystérieux. Pas une âme qui vive à l’horizon, pas un bruit, un silence ouaté propre au yoga. Claire apporte de sa présence et de son professionnalisme la sérénité qui fait du bien. Rien que pour le cadre, la pratique vaut le déplacement. Une belle activité slow qui trouve sa place dans ce cadre hivernal magnifique aussi bien qu’à la belle saison. Claire Philipczyk , qui est praticienne en techniques éducatives corporelle est aussi accompagnatrice en montagne. Site web : www.philipczyk.free.fr



Le ski de pleine conscience ou comment reprendre confiance sur ses skis...


Une perte de confiance suite à un accident de ski, un sentiment nouveau d’insécurité sur les planches, une envie de skier autrement … Sally-Anne qui a passé beaucoup de temps dans l’Himalaya, et pratiqué un ski différent, en est venu à proposer une approche différente de l’enseignement du ski, consistant à harmoniser le corps- l’esprit et la glisse. « Laisser être », visualisation positive et fluidité du mouvement sur les skis… une philosophie en quelque sorte à acquérir à travers toute une série de petits exercices simples, ludiques. Une belle façon de reprendre contact avec ses sensations, son corps, à réapprendre à se faire plaisir en douceur, à profiter de l’instant présent, à réagir avec sérénité et aisance. La promesse de faire du ski autrement ! Site web : www.ecoledeski360/com/ski-de-pleine-conscience



Une vraie vie de village...


Mais Samoëns, c’est aussi un bourg authentique, où la vie de village est celle de ses habitants qui se saluent dans la rue principale et font la causette – il paraît qu’aller chercher du pain peut prendre une bonne heure – bordée de ces cafés où s’attarder debout en terrasse autour d’une pinte, de ces restos fameux où se réchauffer d’une soupe châtrée, sorte de soupe à l’oignon riche en fromage et pain dur. Incontournable, un arrêt « A la Jaÿsinia », le terrain de jeu de Thierry Froissard. Dans la pâtisserie, chocolaterie et salon de thé implantée au cœur du village, ce champion du monde de pâtisserie et meilleur ouvrier de France, défenseur du goût et des saveurs septimontaines, régale de la « galette septimontaine, » une brioche au beurre, garnie de myrtilles savoureuses et de crème fraîche. Un régal qui s’apprécie à tous moments de la journée, toujours délicieuse le lendemain au petit déjeuner. La boutique du Pied de Poule, quelques mètres plus loin, est la bonne adresse pour ravitailler en charcuterie, comme les saucisses aux choux bien goûteuses ou autre épicerie fine. On termine à la

Fruitière, un peu à l’écart. Cette coopérative laitière, approvisionnée par les producteurs locaux de la Vallée du Giffre ou de la Vallée verte, créée dans les années 50 est l’antre du du fameux reblochon de Savoie. Pour rappel, Samoëns est situé en zone AOC. Par an 600 tonnes de lait sont transformées donnant 3 000 à 3500 reblochons par jour, affinés dans les caves sur place. Un goût incomparable à exporter au retour pour prolonger le plaisir montagnard.



Un village à histoire...


Samoëns, la terre aux 7 alpages, enchante aussi par son histoire qui se laisse découvrir doucement au gré de ses rues pittoresques. Une histoire liée à celle des tailleurs de pierre, les frahans qui travaillaient une pierre grise qui devient noire une fois polie. Entrez dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, vous y verrez à droite en entrant un bénitier noir que l’on jurerait de marbre. Il est en pierre grise, un calcaire urgonien, exploité autour de Samoëns. Le XVIIe s., est l’âge d’or des frahans, si nombreux qu’ils se sont regroupés au sein d’une confrérie de réputation mondiale. Ils contribuèrent aux plus grands chantiers, ceux des fortifications de Vauban, les canaux de Saint-Quentin pour Napoléon Bonaparte, en Pologne, jusqu’en Louisiane. Aujourd’hui, la « Société des maçons », alimente le bourg en œuvres d’art. On ne dénombre pas moins d’une trentaine de sculptures dans le village.



Le Gros Tilleul aux quatre siècles d’existence

Le village ne manque pas de curiosités. On circule parmi les maisons de pierre cossues, parfois aux allures de chalet, jusqu’à la place du Gros tilleul, le cœur de Samoëns où trône un arbre magnifique. Il en impose par ses 9 m de circonférence et il a un beau passé ce tilleul, il en a vu de belles durant ses 4 siècles de vie. Symbole de la vie civique, il assiste encore aujourd’hui aux évènements importants du village. A côté, la Halle de la Grenette, où était pesé le blé, qui a vu tout un monde paysan défilé au cours des ans, abrite le marché couvert et devient le soir le site d’activités associatives. La mairie a élu domicile dans la maison des de Faucigny, une famille de la noblesse du Duché de Savoie, probablement vassale des Comtes de Genève à proximité.



Le jardin botanique alpin de la Jaÿsinia, l’œuvre de Marie-Louise Cognacq-Jay, madame Samaritaine

Cognacq-Jay est le nom d’une rue bien connue des parisiens, du 7e arrondissement, dédiée à Ernest et Marie-Louise Jaÿ, fondateurs de la Samaritaine. Native de Samoëns, Marie-Louise Cognacq-Jay a souhaité offrir à son village natal un atout touristique. Sur un massif calcaire apparemment peu propice, a été créé un jardin botanique, emblématique de la flore alpine des cinq continents. Un défi qui a demandé quelques années de déblayage, d’aménagements, sous la houlette d’un architecte paysagiste genevois, Louis-Jules Allemand. Au final, une véritable œuvre d’art, classé jardin remarquable en 2006 (d’un intérêt culturel, esthétique ou botanique) comptant 2500 espèces qui promet de bons moments au cœur d’un jardin botanique exceptionnel.

Notre carnet d’adresses





L’Hôtel Gai Soleil & Lodge du Grand Cerf, un trois étoiles Logis de France



Idéalement situé au cœur du village et des commerces, cet hôtel est un havre de bien-être à la montagne. Dès l’entrée on est propulsé dans l’ambiance chaleureuse d’un salon cocooning avec cheminée. Une belle mise en bouche ! Dans les chambres et suites, le bois et les matières douces apportent leur note cosy. Literie de qualité, salle de bain au top, écran plat et de magnifiques balcons de bois où se reposer en contemplant les sommets enneigés, composent un cadre de villégiature idéal.

Le must, c’est l’espace détente avec sa piscine à 27° et Spa, la grotte à sel où s’essayer à l’halothérapie, le pédiluve Kneipp, le jacuzzi, le Hammam, le sauna ou la salle de remise en forme, le tout en accès gratuit pour les clients. Un grand réconfort après le ski. Cerise sur le gâteau, la table, classée table savoureuse mérite qu’on s’y attarde. Attenant à l’hôtel Gai Soleil, le Lodge du Grand Cerf a pris ses quartiers dans un luxueux chalet de 9 suites avec terrasse exposée Sud et vue sur la montagne, offrant l’ambiance d’une maison de famille. Site web : www.augaisoleil-hotel-restaurant.com

La Table de Fifine, une belle table conviviale et savoureuse



Dans un chaleureux chalet conçu dans la pure tradition savoyarde, réalisé par des Compagnons au savoir-faire ancestrale, le restaurant qui a pris le nom de Joséphine, une personnalité « haute en couleurs » qui animait une pension connue sous le nom de « Joli Nid » et perpétue la convivialité et le sens du bien-vivre.

L’équipe a à cœur d’offrir, avant tout des produits locaux, respectant les saisons. Et on peut dire que le chef est bien inspiré. A la carte l’œuf en meurette et pain spécial de Pascal à Sixt, le village d’à côté., le wok de Fifine, un sauté de nouilles, légumes et protéines végétales, pour les végétariens. A recommander, le filet de bœuf, extraordinairement tendre et copieux (300 g) pour les affamés de retour du ski. Les fondues sont aussi au programme, bien sûr ! Les glaces artisanales, élaborées dans son atelier dans Hautes-Alpes par Gérard Cabiron, Meilleur Ouvrier de France avec des ingrédients naturels, terminent le repas en beauté. A 5mn du cœur du village, à 150 m du télécabine « Grand Massif_Express », c’est aussi une bonne adresse pour poser ses valises dans l’un des appartements pour 2 à 14 personnes. Site web : www.latabledefifine.com

Restaurant 8M des monts



Ce petit restaurant contemporain situé dans la rue commerçante propose une petite table gastronomique où tout est fait maison, où les produits frais sont issus de l’agriculture de proximité, bio si possible. La carte est courte, change un peu tous les jours au gré de la créativité du chef et des approvisionnements. Une belle carte des vins en provenance de bons cavistes complète un délicieux repas. En été, la terrasse donne sur la place du Gros Tilleul, le centre stratégique de Samoëns. Adresse : Immeuble le Clévieux. Place de l’Eglise, tél. +33 (0)4 50 30 01

A table à l’Aéro, un resto d’altitude fun

A 1607 m d’altitude, ce grand chalet avec vue panoramique sur les pistes du Grand Massif est le spot idéal pour se restaurer entre deux descentes. L’équipe est zen, de bonne humeur, même au plus fort de l’affluence. La carte est un vrai réconfort, de bons produits, simples bien concoctés, le velouté de Mémé, la bonne soupe du jour, les burgers délicieux avec un pain léger et croustillant et un Veggie Burger pour les amateurs de légumes… On en repart sustenté à souhait et bien heureux ! Et pour ceux qui aiment se réveiller en altitude, 6 appartements et 5 chambres sont à disposition. Site web : www.aero1607.com

A faire aussi :


Au cœur du village les spas d’altitude Ô Des Cimes proposent de finir en douceur une journée de ski, récupérer et s’occuper de soi autrement, tout en appréciant les excellents produits Sothys. Site web : www.odescimes.com

Y aller :

TGV Gare de Lyon : Paris-Bellegarde 2 h 40 et Bellegarde-Samoëns, 1 h 30 en voiture. ou TGV Gare de Lyon Paris-Genève en 3 h env. et Genève-Samoëns, 1 h en voiture. Site web : www.sncf.com

 

Pour en savoir plus :


Consulter le site web de l'Office de tourisme de Samoëns : www.samoens.com

(Photos : Martine Delaloye et Office de Tourisme -Tristan Shu).


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