Cordoue, une belle Andalouse entre culture, histoire et movida

le 24/09/2019

Le centre historique de Cordoue est un joyau architectural à découvrir au fil des ruelles pavées animées sinuant jusqu’aux rives du Guadalquivir. Découverte…



Par Martine Delaloye

Cordoue, ville à la croisée des cultures est un enchantement. Patios odorants le jasmin, fontaines frémissantes sur les places ombragées, ruelles pavées sillonnant entre les petites maisons abondamment fleuries, bordées de boutiques colorées et d’échoppes d’artisanat local, centre historique parsemé de somptueux édifices - le pont romain, la mezquita - la mosquée-cathédrale- la Juderia - le quartier juif médiéval et l’Alcazar des rois chrétiens, classés au patrimoine mondial de l’Unesco en 1994.



La merveilleuse histoire de Cordoue...


Séduits par la beauté du site et par le Guadalquivir, « le grand fleuve » qui baigne des terres fertiles, les peuples s’y sont succédés. Les Carthaginois puis les romains y ont laissé leurs marques. Quand les Maures s’emparent de la cité en 711, ils en font la Capitale d’un vaste empire musulman. Cordoue alors rivalise de fastes avec Constantinople et compte plus de 300 mosquées.

Le Xe siècle est le siècle d’or, celui où Cordoue est la capitale du Califat gouverné par une branche des Omeyyades. Pendant près de 3 siècles, l’harmonie règne entre les religions et cultures musulmane, juive et catholique. Artistes, penseurs, scientifiques affluent à Cordoue. Une tolérance toutefois qui ne va pas sans une grande rigueur taxes pour les habitants qui veulent conserver leur autonomie, dons aux émirs La liberté a un prix ! Après la prise de la ville en 1236 par Ferdinand IIIl roi catholique de Castille et d’Aragon, Cordoue redevient une ville de taille moyenne. Aujourd’hui, Cordoue est une destination touristique presque aussi prisée. La ville résonne à nouveau de toutes les langues et nationalités qui s’y croisent et se retrouvent dans ce qui a les a toujours réunis, l’art et la culture.

Façonnée, ciselée aux cours des siècles...


Découvrir les richesses historiques de la ville, c’est aussi se perdre avec bonheur dans un dédale romantique et succomber au charme d’une cité andalouse animée, bien dans son temps.



La fabuleuse Mezquita, l’un des plus importants monuments de l’Occident islamique. L’arrivée dans la vieille ville se fait en cheminant le long des remparts dorés par le soleil, un spectacle en soi, des plus réjouissants. Il est possible d’accéder à la Mezquita par plusieurs portes, dont la porte d’Abderraman II, la porte du Pardon ou celle de Santa Catalina. Ou encore, au nord par le patio des Orangers, un jardin d’Eden fabuleux, abritant fontaines et bassins servant à l’origine aux ablutions.

Au cœur de la ville, dans le triangle d’or historique, la Mezquita, la grande mosquée de Cordoue est une pure merveille de l’architecture islamique et aussi un lieu des plus étonnants. Ni tout à fait une cathédrale malgré sa monumentale Tour-Clocher, ni tout à fiat une mosquée.
Le doute subsiste lorsqu’on y pénètre.

Durant cinq siècles, du VIIIe au XIIIe siècle, la mosquée érigée par l’émir Abd al-Rahman 1er sur un ancien temple romain devenu une église wisigothe, a subi de nombreuses modifications - un nouveau minaret, un mihrab avant de redevenir une église lors de la prise de la ville par Ferdinand III de Castille en 1236, puis une cathédrale, Notre Dame de l’Assomption, en 1523. Au dépend de la mosquée dont de nombreuses colonnes ont été détruites à cette époque. Charles Quint dira « vous avez détruit ce que l’on ne voyait nulle part pour construire ce que l’on voit partout ». Quelle architecture fabuleuse retraçant, le style omeyyade espagnol, les styles gothique, plateresque et baroque. Dans sa diversité architecturale, l’édifice surprend.



Dès l’entrée, l’éblouissement est total. Dans une demi-pénombre s’élève une forêt de colonnes 854 -, surmontées d’une double rangée d’arcades en brique rouge et pierre blanche, dominé d’un coffrage de bois peint.  On y déambule éblouis, incrédules, telles des ombres dans un jeu de cache-cache mystérieux jusqu’aux trésors, le mirhab, plus ou moins orienté vers la Moquée, la Basilique Chrétienne qui éclate dans toute son exubérance baroque lumineuse, le retable de la chapelle majeure…



L’Alcazar des Rois Chrétiens, le jardin des délices...


Un ensemble de forteresse et palais qui retrace une grande partie de l’évolution architecturale de Cordoue. Des ruines romaines et wisigothes cohabitent avec des vestiges arabes. Dévasté lors de la conquête de Cordoue par Alphonse III, l’Alcazar fut restauré par Alphonse X et Alphonse XI.

La visite garantit un moment de délice dans le bruissement des bassins et la verdure des patios à la végétation luxuriante où poussent fleurs exotiques et herbes aromatiques. Ne pas manquer la visite du Mudéjar, l’un des plus beaux patios au dallage en marbre, où murmure l’eau des canaux et des bassins rafraîchissants, ni la petite chapelle baroque, le Salon des Mosaïques et les bains.



A proximité, se trouvent les Ecuries Royales construites en 1570 par Felipe II - un aficionado des chevaux qui souhaitait donner naissance à un cheval pure race espagnole, appelé aussi « Andalou, de descendance arabe ». Dans le cadre magnifique de ces beaux bâtiments militaires, on peut assister dès la nuit tombée à un beau spectacle équestre Magique. Site web : www.turismodecordoba.org



La Juderia, le quartier médiéval juif...


Au pied de la Mezquita s’étend ce qui était le quartier juif du Xe siècle au XVe siècle. Un dédale de petites rues bordées de boutiques d’artisanat local. Le cuir de Cordoue, appelé le cordouan, y a encore pilier sur rue dans des réalisations quelque peu désuètes.

La Calleja de la Flores, la ruelle des fleurs, débordantes de pots de fleurs colorés est l’une des rues les plus connues de la ville, le passage obligatoire de toute visite touristique. A visiter aussi dans ce quartier de charme, la Synagogue, l’une des trois synagogues les mieux conservées d’Espagne, le Souk Municipal et le Musée de la Tauromachie. Sous le règne d’Ab alRahman III, philosophes, scientifiques, écrivains, artistes se côtoient dans ce bastion intellectuel. Ainsi, retrouve-t-on sur la petite place de Tiberias, la statue dédiée en 1965 au rabbin-philosophe-médecin Maïmonide né à Cordoue en 1135. Sénèque, philosophe et écrivain romain et Averroes, un des grands philosophes de la civilisation islamique et médecin y ont aussi leur statue.



Le Palais de Viana, le musée des Patios...


Place Gome, au nord de la ville, dans le quartier Santa Marina, le Palais du Marquis de Viana est un palais-musée, déclaré « Monument Historique et Artistique National et Jardin Artistique. » C’est l’une des principales attractions de Cordoue abritant 12 patios, ce qui lui vaut d’être connu sous le nom de Musée des Patios. Du patio de tradition romaine au patio arabe, du patio de voisin au patio médiévale, un voyage au cœur d’un univers sensoriel de couleurs et de senteurs.

A Cordoue, la tradition des patios remonte aux cultures romaines et arabes. Elle se perpétue chaque année au mois de mai, où les patios privés sont ouverts au public. La demeure nobiliaire se visite également invitant à partager le décor aristocratique au fil du temps. Site web: www.palaciodeviana.com



Cordoue, une ville animée...


A la tombée de la nuit, la movida reprend ses droits. Les monuments s’illuminent créant un décor théâtral. Les habitants sortent, déambulent dans les rues surchauffées jusqu’aux terrasses des cafés, des restaurants, jusqu’aux rives du Guadalquivir, lieu de rassemblement nocturne. C’est le meilleur moment pour profiter du coucher du soleil sur la ville et le Pont Romain. Ce vétéran édifié au 1er siècle souvent restauré, enjambe avec la même vigueur le Guadalquivir de ses 16 arches qui ont vaincu les siècles.


La Medina Azahara, la ville d’Abd AlRahman III...


A 8 km de Cordoue, au pied de la Sierra Morena, les ruines de la Medina Azahara paraissent bien insolites. Cette cité palatine construite au Xe siècle à grands renforts de marbre rouge et violacé, d’or et de pierres précieuses se voulait une représentation du faste et de la puissance du Califat d’Occident indépendant. Aujourd’hui largement endommagé par les guerres, le site demeure grandiose. A visiter de préférence à l’aube à la fraîche. Site web: www.museosdeandalucia.es



A visiter également :


Au sud-est de la province de Cordoue, la petite ville de Priego de Cordoba, se situe au pied des vallées où prospère la culture des oliviers, à l’abri des montagnes du parc naturel de la Sierra Subbétique. Elle est appelée « ville de l’eau » en raison des nombreuses sources qui l’irriguent. Sur la route du Califat, c’est aussi un joyau du baroque cordouan aux nombreux édifices religieux remarquables, le couvent San Francisco de l’Asuncion, l’église de La Aurora, église San Pedro. Chef d’œuvre néoclassique, la fontaine d’El Rey, est un des édifices civils le plus symbolique, dédié à Neptune.

Liée à la culture des oliviers bénéficiant d’un label d’origine, la gastronomie tient une place de choix. Le potage de la Semaine Sainte, la dinde aux amandes, le chevreau, l’échine de porc et en dessert, le caillé aux amandes, les « pinonates » et la pâte de coing.

Au restaurant, La Ribera, l’huile d’olive est mis- à l’honneur dans un cadre contemporain soigné à l’ambiance conviviale. Sites web : www.restaurante-laribera.com et www.turismodepriego.com

Notre carnet d’adresses :


Apartamento Barroso Centro

Situé au cœur du centre historique, un ensemble d’appartements décorés au goût du jour et confortablement aménagés dans une maison du XVIIe siècle. Ascenseur, cuisine équipée, chambre, salon, TV, air conditionné et wifi. Attention, tous les appartements ne bénéficient pas tous largement de la lumière du jour. Certains ont vu sur les toits du quartier juif et la tour de la Mosquée. Un petit patio intérieur est le lieu de rendez-vous convivial. Site web : www.barrosocentro.com


Restaurant El Bandolero


A proximité de la Mezquita, ce restaurant offre un cadre des plus chic avec un joli patio fleuri où dîner aux chandelles. Les tables sont dressées avec élégance et les produits du terroir sont à l’honneur. Un bel endroit pour un rendez-vous en amoureux ou en famille. Site web : www.restaurantebandolero.com

Hospes Palacio del Bailio*****



Elégant, lumineux, l’hôtel situé au centre de Cordoue a trouvé ses marques dans un palais du XVIe siècle. Un véritable bijou architectural, restauré dans les moindres détails, une oasis de paix, de luxe et de bien-être. La décoration contemporaine sublime ce palais. Unique : des vestiges de bains romains du 1er siècle après JC apparaissent en transparence sous le restaurant. La gastronomie est à la hauteur de cet établissement de grande classe mêlant tradition et saveurs exotiques. Site web : www.hospes.com/palacio-bailio


Pour en savoir plus :


Consulter le site web : www.spain.info - pour le Centre provincial de Tourisme de Cordoue : www.cordobaturismo.es - et pour l'Office du tourisme de Priego de Cordoba : www.dopriegodecordoba.es


Y aller : Transavia dessert Séville depuis Paris tous les jours de la semaine (2 fois les lundis, mercredis et vendredis et 3 fois les mardis, jeudis et dimanche) à partir de 38€ TTC le vol aller simple. Site web : www.transaviacom - De Séville par la route, il faut compter 1h30 et moins d’une heure, en train.

(Photos : Martine Delaloye et Office de tourisme).






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