Gdansk, la merveille polonaise

le 06/12/2018

Etonnante, bourrée de charme, joyeuse et colorée, l’ancienne Danzig enchante… Loin de l’évocation austère des chantiers navals, le centre historique est un pur bijou. Découverte…



Par Martine Delaloye

Petit miracle que cette ville entièrement reconstruite après la 2eme guerre où l’illusion de circuler au cœur d’une ville hanséatique à l’époque de sa splendeur surprend. Elle est d’une beauté à tomber, ensorceleuse à souhait. On comprend pourquoi on la nomme la Perle de la Baltique. A l’embouchure de la Vistule, elle affiche fièrement les vestiges de son passé glorieux -certes fidèlement reconstitué- lorsque les lourds bateaux commerçaient avec l’est, le nord et l’ouest de l’Europe. Un échange tant commercial que culturel.


Le ravissement d’une des plus belles villes de Pologne...


De la porte Haute à la porte Verte, sur quelques centaines de mètres seulement, de la rue Longue à la rue du Long-Marché - l’ancienne Voie Royale - s’alignent les plus belles demeures de la ville. Propriétés des riches commerçants de l’Alliance Hanséatique, elles affichent leur façades colorées, baroques, soigneusement entretenues. Une foule joyeuse, curieuse déambule, sous le soleil, appareils photos et smartphones mitraillant les maisons les plus remarquables.



L’élégante maison Uphangen, d’un riche marchand d’origine flamande, la Maison dorée, toute en colonnades, dominée par de glorieuses statues sur lesquelles veille la déesse de la Fortune, sorte de porte-chance des lieux.



Petit bijou de la Cour Artus, la Fontaine de Neptune où le Dieu de la mer, star de la ville, est immortalisé sous toutes ses coutures. Depuis le XVIIe siècle, il fait face à l’ancienne résidence des rois polonais lors de leur séjour dans la ville, ancien siège des confréries marchandes puis bourse aux céréales.



La Basilique Notre-Dame

Derrière la place du Long-Marché s’élève le magnifique et imposant édifice moyenâgeux tout de briques rouges de la Basilique Notre-Dame, la plus grande église de Pologne. Quasiment entièrement détruite par la guerre, elle recèle quelques beaux restes comme l’horloge astronomique du XVe siècle ou l’émouvante Pièta en pierre datant de 1410. On peut y voir aussi la reproduction du triptyque du « Jugement dernier » d’Hans Memling. L’original se trouve au Musée National. Grimper dans la tour quadrangulaire de 78 m demande quelques efforts, bien récompensés par la vue superbe sur la ville !



La romantique rue Mariacka

On ne résiste pas au charme de ces vieilles maisons aux perrons de pierre, tous différents, s’avançant tels des figures de proues, enluminés de sculptures et fers forgés très travaillés. C’est le paradis des boutiques ou échoppes de commerçants ambulants proposant l’ambre, la richesse de la ville. Cette matière, résine de sapin pétrifiée, sensée porter chance, est très prisée pour ses vertus thérapeutiques supposées, surtout par les asiatiques.



Plus usuellement, elle est transformée en joyaux aux couleurs plus ou moins ambrées. Attention, beaucoup de faux circulent sur le marché, demandez un certificat d’authenticité



Les Quais de la Motlawa

De la rue Mariacka, on débouche sur les quais de la Motlawa, où l’ambiance maritime prend le dessus.Une des promenades les plus agréables des badauds du dimanche et des touristes, longeant le fleuve jusqu’à la magnifique grue médiévale en bois qui a chargé et déchargé les marchandises des bateaux durant plus de deux siècles. Deux tours massives en briques dans le style gothique des villes hanséatiques, encadrant un mécanisme de levage en bois, lui aussi partiellement détruit puis reconstruit vers la fin des années 50. Un des bâtiments les plus symboliques de Gdansk.

Depuis les quais, on a la vue sur l’île des anciens greniers à grains et sur le SS Soldeck, premier navire de haute mer construit en Pologne dont le nom honore Stanislaw Soldek, un ouvrier des chantiers navals. Aujourd’hui l’ancien navire céréalier est devenu le Musée Maritime Central.



Le Musée de la Seconde Guerre Mondiale



Sa silhouette futuriste émerge de la terre, tels les décombres d’un bombardement. Sept étages consacrés autant aux souffrances des populations qu’aux opérations militaires touchant plus spécialement l’Europe Centrale et Gdansk, ville particulièrement meurtrie par le conflit. 5 000 m2 d’exposition, plus d’un millier de documents numérisés, une succession d’ambiances s’enfonçant sur 14 m dans le sol. Emotion garantie



Lech Walesa, du quartier de Zaspa aux chantiers navals, d’ouvrier à Président de la République et Prix Nobel de la Paix

On ne saurait visiter Gdansk sans essayer d’en savoir un peu plus sur ce personnage emblématique. On peut commencer par retrouver l’ambiance du quartier ouvrier de Zaspa, quelque peu ressemblant à nos zones HLM, où il vécut jusqu’en 1984, porte D plus précisément .La modestie des lieux prend ici tout son sens. Sur l’un des côtés d’un immeuble, une fresque lui est consacrée, difficile à décrypter de près, très ressemblante de loin. Etonnant !



Il semblerait que depuis le début des années 2000, les artistes de street art s’en donnent à cœur joie dans un ultime effort d’enjoliver les lieux. Une quarantaine de peintures géantes s’élèvent dans les airs, telle une galerie d’art monumentale. Figure symbolique de la Pologne, cet ouvrier électricien, fondateur du mouvement Solidarnosc, dont le rôle d’opposant au régime communiste est aujourd’hui parfois contesté, a reçu le prix Nobel de la Paix en 1983. Le million de dollars qu’il reçut alors lui permit de déménager dans le quartier plus résidentiel d’Oliva mais aussi d’offrir une partie de ses gains aux chantiers navals.



Le Centre européen de la solidarité consacré à Solidarnosc

Passionnant et émouvant, ce colossal musée retrace la lutte du syndicat Solidarnosc menée en 1980 par Lech Walesa, qui a contribué une dizaine d’années plus tard à la chute du Mur de Berlin et du communisme.



Ouvert 34 ans après la signature des accords de Gdansk, il comporte une exposition permanente, « Les Chemins de la Liberté », dont une partie est classée à l’Unesco. Beaucoup de photos, de vidéos, la reconstitution des lieux comme le bureau des services secrets, la camionnette utilisée pour les arrestations, une immersion dans un pan de l’histoire récent qui a contribué à changer l’histoire de l’Europe centrale et de l’Est. A voir impérativement. Site web : www.ecs.dga.pl


Notre carnet d’adresses :




Restaurant Corrèze



Sur la rive droite de la Motlawa, face au canal, ce restaurant avec terrasse ne paie pas de mine de l’extérieur. Par contre, l’intérieur contemporain est chaleureux et convivial. L’heureuse surprise vient de la fraîcheur et de la qualité des produits, des saveurs fines, des associations raffinées. Légumes verts croquants, produits de la mer ultra frais…Un excellent restaurant plus chic et un peu plus cher que la moyenne. Site web : www.correze.pl



Pour en savoir plus :


Consulter les sites web : www.gdansk.pl et www.pologne.travel

(Photos : Martine Delaloye et Office de Tourisme de Pologne).

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