Au cœur de Cuba

le 22/11/2018

Les plages de sable blanc des cayos du nord, les montagnes sauvages de la Sierra de l’Escambray, Trinidad, la belle coloniale et Santa Clara la révolutionnaire, le centre de Cuba est une merveille. Découverte…




Par Martine Delaloye

Trinidad, l’incontournable beauté…


Entre le bleu de la mer des Caraïbes et le vert des forêts de Los Ingenios, elle est toute en splendeur cette petite ville qui se visite comme un musée. C’est l’une des villes coloniales des Amériques les mieux préservées, fondée en 1514 et inscrite au Patrimoine Culturel mondial de l’Unesco. De belles demeures seigneuriales, des palais délabrés ou de simples maisons basses arborent des couleurs joyeuses et une architecture qui nous plonge à l’époque de sa luxuriance au XIXe siècle, à l’époque où l’industrie de la canne à sucre et celle du tabac enrichissaient la région.



Si Trinidad cultive le charme de son passé colonial, on n’est pas pour autant dans une reconstitution de cinéma, on est au cœur de la vie, où les ânes chargés, les vieilles motos et les voitures d’un autre temps, s’activent à leur tâche. Certes les visiteurs étrangers ne manquent pas et connaissent les points de vue imprenables, comme le clocher de l’église San Francisco de Asis d’où les rues pavées, les toits de tuiles en terre cuite, l’Eglise de la Sainte trinité et la plaza Mayor apparaissent dans tout leur charme. On ne résiste pas aux balustrades de bois, aux balcons de fer forgé, aux larges portes directement ouvertes sur la pièce principale aux murs couverts des portraits du Che, aux hôtels au mobilier colonial ciré, aux échoppes de chapeaux ou de broderie, une des spécialités de la ville.

Sur un côté de la Plaza Mayor, le Museo Romantico a pris ses quartiers dans l’un des plus beaux palais de Cuba, le Palais Brunet qui appartenait à un comte créole. De style mudejar et néoclassique, 14 salles d’objets précieux, d’œuvres d’art, meubles, vaisselle, bijoux parlent d’une vie luxueuse.



Des rythmes de salsa s’échappent de la Bodeguita del Medio, un peu la sœur jumelle du café du même nom à La Havane, où l’on attend avec impatience le cochon de lait qui grille à la broche au dehors. Un délice assuré. La spécialité maison, la canchanchara, un cocktail d’eau-de-vie, de citron, de miel et de glaçons se sert à l’envi et les rhums de qualité aussi.

La musique à Cuba, c’est la vie. Elle sort de partout, des maisons, des terrasses de cafés… Elle est de toutes les fêtes. On danse, on chante l’amour et les peines, on glorifie le Che « Hasta Siempre, comandante »…


A la Casa Cerveza, la maison de la bière, bâtisse de briques à la façade délabrée au charme fou, un orchestre embarque les danseurs dans des rythmes irrésistibles. On s’y abreuve de bières bien fraîches, de la Cristal, de la Bucanero ou de la Mayabe, entre deux danses endiablées, en oubliant la chaleur ambiante pour se déhancher sans complexe.


Echappée sauvage au Parc de Topes de Collantes…


Changement de paysage total à une vingtaine de kilomètres seulement de Trinidad. Ici dans le Parc de Topes de Collantes, la végétation tropicale fait la loi. Sorte de paradis terrestre quasiment inexploité, la Sierra de l’Escambray, réserve fondée par le dictateur Batista en 1937 n’est pas d’un accès aisé. Une route étroite et de nombreux virages grimpent à l’assaut des sommets, dont le point culminant, le Pico San Juan s’élève à 1140 m.



A bord des solides camions militaires russes qui ont repris du service, l’aventure prend des allures de conquête du bout du monde ! Ils transportent les randonneurs dans un confort plutôt rustique jusqu’à ces zones de profusion végétale, entre larges rivières alimentant le lac Hanabanilla, cascades tonitruantes, grottes ruisselantes, piscines naturelles et vastes vallées. Des zones qui ont été le refuge idéal des révolutionnaires à toutes les époques et des guerilleros de Che Guevara bien sûr.



C’est le paradis d’une flore souvent endémique de fougères géantes, d’orchidées, de palmiers, de manguiers et d’avocatiers sauvages, et aussi d’arbres à bois précieux - acajou, cèdre, baobab. Une faune d’iguanes, agoutis, serpents non venimeux, sangliers ou porcs sauvages y vit à l’abri des regards. Les oiseaux multicolores, le ara, la perruche ou le colibri abeille, un oiseau minuscule
peuplent la végétation touffue.


Du Rio Negro au Lac Hanabanilla…


Toute une armada de petits bateaux à moteur circulent sur le Rio Negro, fleuve si large par endroits qu’il fait penser à un lac, fendant le cœur d’une végétation d’un autre monde. Et dans cette zone en pleine nature escarpée, on s’étonne de trouver un restaurant, El Rio Negro, où le cochon rôti à la broche, les plats de riz et haricots rouges, les légumes, les fruits tropicaux et le délicieux riz au lait, rassasient à l’arrivée les robinsons des temps modernes. L’eau de la région aurait des vertus médicinales… A voir ! Depuis près de deux siècles, des plantations de café – de l’arabica principalement - constituent une ressource importante pour la région. Un petit musée, la casa del cafe, consacre cette activité.



Santa Clara, la ville du Che…


On la nomme ainsi car dans la mémoire des cubains, Santa Clara est le lieu d’un événement majeur qui mit fin au régime Batista et fit basculer Cuba dans l’ère de la révolution. Fin décembre 1958, Che Guevara et ses « Barbudos » attaque un train blindé, bourré de munitions qu’ils récupèrent et qui permettent de mettre en fuite les milliers de soldats de l’armée régulière. Une victoire qui entraîne la chute de Batista et sa fuite en République dominicaine. Aujourd’hui encore, cinq de ces wagons restés sur place, symboles émouvants, se visitent comme un musée.



A Santa Clara, l’hommage à la gloire d’Ernesto Che Guevara, est à la mesure du personnage. Une imposante statue du Comandante représenté le bras en écharpe suite à une blessure, domine un immense mémorial, face à une vaste esplanade où flottent des drapeaux. Rapatriée de Bolivie, trente ans après sa mort, la dépouille du héros repose dans une crypte aux côtés de ses compagnons. Là, brille une flamme éternelle. Accolé, le Museo historico de la Revolucion retrace son enfance en argentine, son passé de médecin et de combattant révolutionnaire, à travers des objets personnels, des lettres, des cahiers de note, des armes et des photos qui trouvent ici tout leur sens.

Mais si Santa Clara n’oublie pas son passé historique, la ville se tourne vers l’avenir. La seconde université la plus prestigieuse de l’île accueille toute une jeunesse à l’affût des nouvelles tendances. Théâtre, musique, danse, festival de Heavy Metal cubain (Ciudad Metal) très renommé ou encore le spectacle unique et officiel de travestis de Cuba, la ville affiche un air de liberté inattendu.



Sagua la Grande, Cienfuegos, des petites villes de charme…


Sagua la Grande dans la province de Villa Clara se pimpe de couleurs rafraîchissantes toutes neuves. Les belles demeures des riches négociants de l’industrie sucrière, florissante lors de sa création en 1812, se sont refaites une beauté. La ville comptait alors 170 plantations, aujourd’hui il n’en reste que 26. Pour autant, entre les galeries d’art plastique consacrées à Wilfredo Lam ou Alfredo Sosa Bravo, les enfants de la ville, la maison de la culture, la Grande Place bordée de cafés où palabrer sans fin devant des moritos, les hôtels à l’ambiance chaleureuse typiquement cubaine, l’hôtel Sagua ou encore le merveilleux Palacio Arenas, la ville a de quoi emballer le visiteur.

D’ailleurs, un projet touristique ambitieux, annoncé lors de la Foire Internationale du Tourisme (FIT), vise à donner un nouvel élan à la ville à travers une hôtellerie rénovée et le projet de la création d’une marina, point de départ d’excursions vers les cayos du Jardines del Rey.

Ou encore, Cienfuegos surnommée « La Perle du Sud », petite cité maritime à l’abri dans une baie naturelle. Depuis que Louis de Clouet installa quelques familles exilées après la cession de la Louisiane aux Etats-Unis au début de XIXe siècle, l’esprit français se mêle avec bonheur à la fougue caribéenne. Les somptueux palais des négociants de l’industrie sucrière dans le style néoclassique parisien, en vogue à l’époque, lui valent d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco.





Le Cayo Santa Maria, un paradis balnéaire...


Cuba ne serait pas Cuba sans ses immenses plages de sable blanc. Il n’y a pas que Varadero. Les Cayos de la côte nord, de la « Bahia de Buena Vista », dans la province de Villa Clara, sont de petites merveilles. En particulier, Le Cayo de Santa Maria, petite île de 16 km de long et au plus 2 km de large. Seulement accessible depuis la ville côtière de Caibarien par une route de 50 km de long, parcourant les mangroves abris des flamants roses et autres échassiers, c’est le refuge balnéaire rêvé sur les belles plages de sable blanc, ourlées d’eau cristalline.

Avec le Cayos Las Brujas et le Cayo Ensenachos, ces iles forment « Los Cayos de Villa Clara » où de tout nouveaux Resorts, en formule tout compris, ont trouvé leur clientèle. Comme sur la plus belle plage de Las Gaviotas, tout ici est réuni pour le bien-être et les sports nautiques d’un tourisme florissant.

Les Cayo Guillermo, Cayo Coco, Cayo Paredon Grande et Cayo Cruz, constituent l’Archipel de Jardines del Rey, une zone de développement touristique important. Aubaine certainement si la beauté de la nature sauvage y est sauvegardée…



Notre carnet d’adresses :




Hôtel Dhawa sur le Cayo Santa Maria


Une plage privée où sont servis de délicieux cocktails, quatre piscines dont 2 pour enfants, cet hôtel 4 étoiles est une base de soleil où se la couler douce, ou pour les plus courageux, de sports nautiques, canoë-Kayak, plongée avec tuba… Un restaurant buffet mais aussi 4 restaurants à la carte, Porto Fino, cuisine italienne, Maison Gourmet, gastronomie française, Fuego del Mar où apprécier les fruits de mer, ou encore The Marinero. Au Capitaine Cook, les encas et les cocktails sont servis 24 heures sur 24. Le vaste lobby, les bars ouverts sur les jardins, les piscines invitent à prolonger les soirées. Réparties dans trois maisons, les chambres affichent un décor minimaliste et élégant et privilégient le confort. Site web : www.dhawa-cuba.com



Pratique :


Visa : se procurer la Carte touristique avant de partir. Indispensable pour entrer sur le territoire cubain.

Décalage horaire : - 6 h.

Électricité : 110V - prise à fiches plates (prévoir un adaptateur).

Devise : deux monnaies circulent à Cuba. Le CUC, la devise des étrangers, Un euro = 1,16 CUC. Le peso cubain n’est utilisé que par les cubains.

Climat : Tropical toute l'année avec une saison sèche de novembre à avril.

Guides : Routard et Lonely Planet.

Pour en savoir plus :


Y aller : Air France assure une fréquence par jour Paris CDG / La Havane.

La classe Premium Economy propose un voyage confortable. Des sièges plus larges, une inclinaison du dossier importante, un repose jambes réglable en hauteur. A disposition, prise électrique et large tablette ainsi qu’un casque audio réducteur de bruit. Sans compter, une restauration de qualité. Les plus, comptoirs d’enregistrement, sortie de l’avion et livraison des bagages prioritaires, ainsi qu’une franchise bagages avantageuse. Site web : www. airfrance.fr

Se renseigner : Consulter le site web de l’Office de tourisme de Cuba : www.autenticacuba.com et www.cubatravel.cu

(Photos : Martine Delaloye).




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