Tokyo entre tradition et modernité

le 21/09/2018

Buildings futuristes et maisons de bois traditionnelles, temples shintoïstes et temples du jeu, écrans géants façon « Broadway » et fils électriques entremêlés, exubérance kawaï, et chic unique des japonaises, mangas et tatamis, la capitale des contrastes invite à un délire de tous les sens. Découverte…



Par Martine Delaloye


Le gigantisme à taille humaine...


Pas de panique, bien que démesurée, plus de 30 millions d’habitants avec le Grand Tokyo, la métropole japonaise se révèle étonnamment accueillante, rassurante, et incroyablement propre, sans papiers ni détritus au sol. Et aussi, peu polluée grâce aux mesures drastiques prises depuis l’année 2000. D’ailleurs la circulation apparaît bien fluide, sans heurts, à l’image des tokyoïtes très zen, qui se déplacent surtout en transports en commun, en suivant scrupuleusement les files montantes ou descendantes du métro, sans pagaille. Le respect des anciens faisant partie de la tradition, les aînés se verront offrir une place assise ou encore avoir la priorité aux caisses. Des notions bien perdues en occident. Un savoir-vivre qui perd un peu de son vernis aux heures de pointe toutefois !


Shinjuku Station, une fourmilière en sous-sol...


A Tokyo toutes les lignes mènent à Shinjuku Station, ou presque ! Dans cette gare la plus fréquentée de la planète, transitent chaque jour plus de 3 millions de voyageurs. A quelques minutes à pied de l’hôtel Keio Plaza, ce nœud des transports urbains, dessert le grand kaléidoscope des quartiers de Tokyo. 16 lignes gérées par 5 compagnies différentes, des kilomètres de couloirs, 200 sorties. Ne pas se tromper de sortie au risque de beaucoup marcher !

Mais pas de problème, à tout moment, un agent vous remet dans le bon chemin, sinon vous trouverez toujours un jeune tokyoïte plus ou moins anglophone pour vous guider. Les directions sont indiquées en Kanji (caractères japonais) mais aussi en alphabet latin et les stations portent des numéros.



Dans ce sous-sol labyrinthique, c’est tout un autre monde qui retient la foule des usagers. Une multitude de boutiques en tous genres, de designers de mode, de déco minimaliste, de gadgets irrésistibles, mais aussi nombre de traiteurs, restaurants sur le pouce et pour parer à toutes éventualité, des sanitaires ultra clean partout !

Tokyo, le grand kaléidoscope des quartiers...


Il n’y a pas un Tokyo unique et uniforme mais un ensemble de quartiers au charme particulier qui donnent l’impression d’être ici et ailleurs, de changer d’ambiance comme dans une pièce de théâtre.



Shinjuku, un condensé du tout Tokyo. Fascinant et déroutant avec la skyline de ses gratte-ciel futuristes à l’ouest, ses milliers d’enseignes lumineuses de néons crépitant de jour comme de nuit à l’est, mais aussi la golden gay et ses bars de poche et une vie nocturne animée, mais aussi son magnifique parc Shinjuku-Gyoen. C’est aussi le quartier des grands magasins chics, et de la gigantesque gare Shinjuku station, un quartier où circule une foule toujours dense.



A quelques minutes, 2 stops en train, le quartier de Harajuku et Aoyama, le spot le plus visité, le temple de la mode des jeunes tokyoïtes, jouxtant le Meiji-jingu, un des sanctuaires shintoïstes les plus vénérés de Tokyo.


Sanctuaire Meiji-Jingu...


Ce vaste complexe shintoïste édifié en hommage à l’Empereur Meiji et à son épouse l’impératrice Shoken en 1920 seulement, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer est incontournable. On y accède par le grand Torii, sorte d’immense arche de bois et une allée bordée d’un côté de fûts de saké, de l’autre de fûts de grands crus français. C’est un lieu très prisé des Tokyoïtes pour son parc mais aussi lors des cérémonies de mariages shinto ou encore des festivités du Nouvel An.



Shibuya, et son célèbre carrefour où s’entrecroise une foule frénétique, sous les écrans vidéos géants. Le quartier des jeunes tokyoïtes qui font et défont la mode, le temple de la culture pop japonaise. Des rues bondées, des discothèques ouvertes toute la nuit, Shibuya est étourdissant, un vrai laboratoire de la culture de rue, inspirant les designers.



Asakusa abrite le temple bouddhiste le plus ancien de Tokyo, Senso-Ji, fondé 1000 ans avant la création de Tokyo, qui se nommait alors Edo. Une évocation du passé à l’atmosphère surannée. Et aussi ludique pour les touristes qui font le plein de souvenirs typiques, et de pacotilles sur Nakamise-dori, une allée de petites échoppes à l’ancienne et d’ateliers parcourue par une foule cosmopolite où évoluent de jeunes femmes qui remettent à l’ordre du jour le Kimono, dans une version revisitée irrésistible. Un univers merveilleusement coloré et animé fréquenté autant par les touristes que par les japonais.



Ginza l’eden des concept stores et des boutiques de marques de luxe où les architectes du monde entier s’en sont donné à cœur joie. L’œuvre spectaculaire de l’architecte américain Peter Marino pour la boutique Chanel ou encore la façade nid d’abeille d’Hermès sous la houlette de Renzo Piano. Le quartier du grand luxe et des restaurants chics et chers.



La quiétude règne à Kagurazaka, ancien quartier de geishas aux petites maisons soignées entourées de jardins. Des petites rues à l’atmosphère provinciale, un quartier d’ateliers, de boutiques typiques, de restaurants français - crêperie bretonne, bouchon lyonnais, bars à vins - très prisé des français. Il est vrai que l’Institut français est à deux pas !

Roppongi un quartier en pleine mutation à travers son architecture. Roppongi Hills, en référence à Beverly Hills est le nouveau quartier chic de Tokyo, celui des ensembles plus ou moins contestables mais aussi des musées intéressants, Musée d’art Sutory, musée des arts décoratifs, National Art Center Tokyo remarquable pour l’architecture et ses expositions d’art contemporain, ou encore, Mori Art Museum… De quoi en prendre plein les yeux !


A voir :

Yarai Noh Theater à Shinjuku-ku...

Un petit théâtre où sont données des représentations par l’école de Kanze. Le théâtre Noh, est une forme de drame lyrique, élégant et raffiné qui s’est développé au 14è siècle pendant la période Muromachi (1333-1573). Sur scène des personnages parés de somptueux costumes évoluent lentement le visage dissimulé derrière des masques qui expriment tous les sentiments humains selon leur position. Le spectacle de la lenteur et de la beauté ancestrale, bien anachronique avec notre époque mais doté du charme du passé, pourvu qu’on ait la patience.



Jindaiji Temple, un temple bouddhiste ancien à Chofu


A l’ouest de Tokyo, un complexe immergé dans une belle nature. Derrière la grande cloche de l’époque Maromachi, trois bâtiments principaux Honden, tout en bois, datant de 1919, Ganzan Daishi, en contrebas où retrouver l’effigie du moine Ryogen, et le petit Skakka-do où ne pas manquer l’une des plus fameuse statues de Bouddha au Japon, auquel il manque des doigts. Le lieu est connu aussi pour ses restaurants et leur spécialité de soba, nouilles de farine de sarrasin absolument immanquables.Et de la Porte de Sanmon, datant de la période Edo, toute une allée de petites boutiques propose de se prémunir de porte-bonheurs. On ne sait jamais… Site web : www.jindaiji.or.jp


Le Musée Edo

Une remarquable mise en scène du Tokyo d’autrefois, anciennement nommé Edo dans un édifice très contemporain. On oublie assez vite les formes cubiques du bâtiment pour plonger dans le Edo du passé et ses reconstitutions grandeur nature. Ainsi on peut visiter une maison traditionnelle, se retrouver au pied de la forteresse de la ville, naviguer avec les pêcheurs, assister à une bataille. Formidable. Site web : www.edo-tokyo-musemum.or.jp

Le marché aux poissons de Tsukiji disparaît


Le plus grand marché aux poissons du monde très fréquenté par les touristes assistant aux criées dès l’aube prend ses nouveaux quartiers dès le mois d’octobre à Toyosu, dans la baie de Tokyo. Toutefois, les ventes aux enchères de thon ne seront visibles que depuis une baie vitrée… Finie l’ambiance animée, les odeurs iodées, les dégustations des produits de la pêche ultra frais dans les micro-restaurants !


Notre carnet d’adresses :


Le Keio Plaza à Shinjuku



C’est la bonne adresse à Tokyo, merveilleusement bien située dans ce quartier stratégique, animé et divers, où se côtoient gratte-ciels futuristes, grands magasins chics, restaurants sans oublier la gigantesque gare de la planète, Shinjuku Station à quelques minutes à pied qui donne l’accès à toute la ville.

Un cinq étoiles international prestigieux, alliant avec maestria luxe contemporain et tradition japonaise. Un building haut de 45 étages dédiés au luxe et au bien-être. 1 435 chambres au confort design chaleureux, 20 restaurants et bars, où de grands chefs concoctent une cuisine raffinée, gastronomique, savamment présentée. Du 35e au 41 étage, à l’espace Club « Premier Grand », 167 chambres et suites ont été rénovées. Un confort design haut de gamme pour une clientèle privilégiée, avec concierge particulier assurant service personnalisé, enregistrement privé et organisation du séjour. Le plus, les larges baies vitrées avec vue imprenable sur la mégapole, un salon « Lounge Premium » dédié où prendre son petit déjeuner et se restaurer dans la journée.

Un univers à part entière, fréquenté aussi bien par les business men en col blanc, que par de jeunes couples branchés, des globbe-trotters aimant le confort et d’élégantes familles. Et pour le fun, 8 chambres au décor rose bonbon sont consacrées à Hello Kitty, l’égérie japonaise. Piscine, salle de fitness, salon de beauté, de coiffure, 39 salles de conférence ou de banquets, petit drugstore et boutiques et même des chapelles où se marier. Et des expositions de kimonos,de masques anciens et de céramiques et des spectacles de théâtre Noh, cérémonie du thé… Une fusion totale entre le monde contemporain et la tradition ancestrale japonaise. Site web : www.keioplaza.com

Le restaurant Ninja Shinjuku




Une expérience hors du commun, surtout si vous débarquez directement de l’occident. Dans le quartier central de Chiyoda, ce restaurant dédié au Ninja, terme contemporain désignant un mercenaire féodal de la période d’Edo ne pourrait passer que pour une exhibition originale si ce n’est que la cuisine est absolument délicieuse, le service impeccable et la présentation typiquement japonaise remarquable.

Ne pas manquer le désert un bonsaï que l’on découpe au ciseau. Il ne faut pas être dérouté par l’accueil du petit robot qui fait patienter, par les ninjas qui assurent le service mystérieux et le spectacle, par la descente vers des salles secrètes (claustrophobes s’abstenir), l’endroit vaut le détour. C’est le restaurant à thème le plus connu de Tokyo, mieux vaut réserver. Site web : ninjaworld.jp/shinjuku

Pratique :


Y aller : Air France assure plusieurs vols quotidiens vers Tokyo au départ de Paris, à partir de 699 € A/R. Site web : www.airfrance.fr

Décalage horaire : + 7 h

Monnaie : 1 € = 135 yens japonais environ. On trouve des distributeurs acceptant les cartes étrangères et certains magasins de proximité. Pas de problème dans les grandes enseignes. Toutefois, mieux vaut avoir toujours du liquide sur soi.

Téléphones portables : Seuls les mobiles 3G sont utilisables. C’est pourquoi beaucoup d’hôtels mettent à disposition des appareils.

Prises et adaptateurs : Le courant est de 100 V, les prises sont à 2 fiches plates. Mais dans les hôtels récents, tous les appareils occidentaux fonctionnent parfaitement. Toutefois, se munir par précaution d’un adaptateur.

Pourboire : Pas en usage au japon, ni dans les bars, ni dans les taxis.

A lire : L’essentiel du Japon, Lonely Planet - Le petit guide des Usages et coutumes du Japon Guides bleus - Cartoville Tokyo Guides Gallimard pour se repérer.

A voir ou revoir : le film de Sofia Coppola Lost in Translation (2003).

Pour en savoir plus :


Consulter l' Office du tourisme du Japon : www.tourisme-japon.fr

(Photos : Martine Delaloye).

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