Israël : inspiré et inspirant

le 18/05/2018

Ce petit pays « grand comme le monde » qui au travers d’une Histoire mouvementée, persiste entre mémoire et contemporanéité, vient de fêter ses 70 ans d’existence reconnue. On aime sa richesse culturelle et la beauté un peu magique et contrastée de ses paysages. Découverte…




Par Marina Lempert

Mais on y vit aussi une multitude de rencontres et d’expériences. Entre autres, celle du kibboutz, utopie réalisée des pionniers juifs en provenance d’Europe Centrale.

Un peu d’histoire…


Kibboutzim : communautés agricoles dès 1909

Le kibboutz : mot que l’on peut traduire par « assemblée » ou « ensemble » est un type de village collectiviste créé dès 1909 avant la fondation de l’état d’Israël, par un petit groupe d’immigrants juifs originaires de Russie, adhérant au mouvement sioniste d’influence socialiste. Le premier, Degania, resté mythique, fut bâti sur les rives du lac de Tibériade. Vint ensuite en 1912, Kinneret également en Galilée. Les kibboutzim, pas ou peu religieux, essaimèrent ensuite dans ce qui était encore la Palestine puis, dans le jeune état d’Israël. Basée sur des principes égalitaires et communautaires en matière de propriété, de production et de coopérativité dans les domaines du travail, de l’éducation, de la vie sociale ; la vie au kibboutz participe à un principe de démocratie, d’égalité, d’autonomie et de responsabilisation.

Tous les revenus générés - cultures majoritairement- sont versés dans un fonds commun. Ces revenus servent au fonctionnement du lieu, à des investissements et à assurer un même salaire ou budget à chacun. En 100 ans, 270 kibboutzim d’abord essentiellement ruraux, s’embellissant d’arbres, de fleurs et de plantations diverses arrachés au désert, puis développant des activités industrielles dès 1940, furent créés.

Un virage libéral dès 1990

Longtemps considéré comme un modèle économique et social marquant pour le pays, l’idéal premier du kibboutz, a cependant subi l’évolution d’un urbanisme et d’une démographie rapides, du libéralisme économique, de la privatisation et s’en est éloigné peu à peu.

Aujourd’hui : encore agricoles mais tournés vers les services et le tourisme

Répartis dans tout le pays, beaucoup sont restés agricoles, accueillant des bénévoles juifs ou non, désireux de vivre le pays de l’intérieur et de partager un quotidien différent ou de nouveaux immigrants. La santé, l'éducation, le logement, l'énergie, les repas sont restés collectifs. D’autres, s’inscrivent dans une offre plus touristique, hôtelière notamment -y compris dans les villes- ou de séjours bien-être. 120 000 personnes environ y vivent encore.

Ketura : dans la vallée de la Arava

Rencontre avec Françoise...
 

« J’ai vécu 6 mois en 2003 dans ce kibboutz de 400 personnes, à 50 km d’Eilat dans le sud d’Israël, en travaillant au restaurant. Ketura a été fondé en 1973 par le mouvement américain Young Judea. Ses ressources principales provenaient des vaches et donc des produits laitiers et des dattes. Il abritait également le premier champ solaire du pays. Mais Ketura était et est encore connu pour son centre de séminaires, son partenariat avec Alguetechnologies qui produit un antioxydant extrait d’algues pour le marché international des compléments alimentaires et des cosmétiques et son Institut d’Etudes Environnementales. »

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?

« L'accueil et l'ouverture des personnes présentes. Le lieu très attachant au milieu du désert avec les couleurs du soleil couchant sur les montagnes de la Jordanie. Les fêtes et le partage. » Kibbutz Ketura - Hevel Eilot 88840, tél. 053-941909 -www.keren-kolot.co.il/Ketura.html

Ein Geidi : au bord de la mer Morte

D’hier à aujourd’hui

Près de La mer Morte, le point le plus bas du globe et la mer la plus salée au monde où l’on peut se baigner ; le kibboutz Ein Geidi, est l’un des plus appréciés en Israël. Cette réserve naturelle de 3 587 hectares a été créée en 1972 d’abord sur la plage qui le jouxte puis, sur la colline pour protéger la faune et la flore exceptionnelles de cette région.



Rencontre avec David…

« Je suis parti en Israël en 1984 et comme je connaissais Ein Geidi de réputation, j’ai demandé à y être volontaire. J’ai d’abord travaillé dans les champs accordés par l’Etat à 150 kilomètres du kibboutz pour une culture céréalière et maraîchère. Ensuite, j’ai cueilli les pomelos et quelques mois plus tard, j’ai travaillé au restaurant de la plage et aussi à la piscine. Au kibboutz, les volontaires de toutes les nationalités étaient logés dans des bungalows, nourris, recevaient un peu d’argent de poche et pouvaient profiter des installations telles que le tennis, le terrain de foot, le théâtre… J’y suis resté 5 ans en passant les différents processus d’intégration. En effet, au bout de 2 ans de statut de volontaire, un vote a lieu. Si l’on est accepté, on prend davantage de responsabilités et on peut avoir un logement personnel.

Un autre vote a encore lieu au bout d’un an, pour devenir alors membre à part entière du kibboutz. A mon époque, tout était mis en commun. Les membres par exemple, n’avaient pas de voiture personnelle mais il y avait une vingtaine de voitures à disposition. 200 familles y habitaient. Maintenant, chacun reçoit un salaire, a son propre appartement, paie un loyer et les repas à la salle-à-manger. Mais il reste encore les fondements de cet esprit ‘’socialiste ‘’. Les enfants sont toujours scolarisés jusqu’au bac, à l’intérieur du kibboutz. Il y a un centre médical, une bibliothèque, une synagogue, des endroits aménagés pour les personnes âgées. Ein Geidi n’est pas religieux mais traditionnaliste libéral.»

 

Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

« La bienveillance des résidents. Les arbres, les fleurs, les animaux très nombreux comme les marmottes, les bouquetins, les chats sauvages, les renards, les oiseaux et même une panthère qui est venue nous rendre visite un jour. »



Véritable oasis au cœur du désert de Judée

Ein Geidi est maintenant doté d’un centre thermal, d’une piscine de mer, de bungalows tout confort, de chambres de luxe. Au restaurant comme au bar on peut savourer une cuisine israélienne légère et créative et des cocktails originaux comme profiter de soirées musicales. Enfin, le jardin botanique à la fois paysagé et conservatoire, possède des espèces végétales uniques au monde. P.O. Box 32169 - Ein Gedi 8698000, tél. 972-8-6594221 - www.en.ein-gedi.co.il



A lire : Nous étions l’avenir. Yaël Neeman . Collection Lettres Hébraïques. 2015. Editions Actes Sud


« Le kibboutz n’est pas un village au paysage pastoral, avec ses habitants pittoresques, ses poules et ses arbres de Judée. C’est une œuvre politique et rares sont les gens de par le monde qui ont vécu, par choix et de leur libre volonté, une telle expérience, la plus ambitieuse qui fut jamais tentée. C'étaient vraiment de belles années baignées d'or. Parce que nous vivions dans la température glaciale et brûlante d'un soleil éternel. Nous étions tendus par la curiosité devant chaque jour nouveau, en éveil du matin au soir. Nous courions, nous sautions, les mains poisseuses de la résine des pins et du lait des figuiers ». Autres sources :www.jewishagency.org

Pratique


Y aller : 4 h 15 de vol depuis Paris ou Marseille. Aéroport : Ben Gourion à Tel Aviv.

Utile : Pas besoin de visa pour les séjours de moins de 3 mois mais un passeport valide au mois 6 mois après la date d’arrivée.

Argent : la monnaie israélienne est le shekel. 1 Euro est égal à environ 4 Shekels.

Bus et taxis : depuis Tel Aviv ou Jérusalem, de nombreux cars ou taxis collectifs permettent de visiter le pays.

Baignades : pour les baignades dans la mer Morte, ne pas oublier des sandales en plastique pour éviter les blessures dues au sel.

Notre Carnet d’adresses


A Tel Aviv

- Herods Hotel HaYarkon St 15,Tel Aviv-Yafo, 63453, tél. 972 3-521-6666 - www.herods-hotels.com

- Restaurant Vicky Christina - Old Train Station 17 - Tel Aviv Yaffo, tél. 972 3-736-7272 -www.vicky-cristina.co.il

- Restaurant panoramique 2C au 49ème de la Tour Azrieli - Derech Menachem Begin 132 -Tel Aviv-Yafo, tél. 972 3-608-1990 - www.2-c.co.il

A ne pas manquer :

Le quartier du Bahaus, Ha Tahana, l’ancienne gare réaffectée à des boutiques et restaurants. Quartier de Neve Tzedek, le quartier allemand de Sarona, le marché Carmel, le marché aux puces, le port de Jaffa et le musée de la sculptrice Ilana Gur.

A Jérusalem

- Hôtel Léonardo Plaza - King George St 47, tél. 972 2-629-8666 - www.leonardo-hotels.fr

- Mamilla Hôtel Shlomo ha-Melekh St 1, tél. 972 2-548-2222 - www.mamillahotel.com

- Restaurant arménien Bulghourji - Armenian Patriarche street 6, tél. 972 53-944 3920

A ne pas manquer :

Le saint Sépulcre, le Mont des Oliviers, la vieille ville, le quartier arménien, le marché Mahane Yehuda, le Musée du Livre.

Pour en savoir plus :


Consulter l’Office National Israélien de Tourisme : www.GoIsrael.com

(Crédit Photos : Dafna Tal pour Eilat, Marina Lempert pour la mer Morte et Ein Geidi, Itama Grinberg pour Ein Geidi, Dana Friendlander pour Tel Aviv, Noam Chen pour Jérusalem).


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