Intense Tel Aviv

le 23/11/2017

Une architecture entre Orient et Occident, des plages dignes des plages californiennes, du soleil presque toute l’année, une vie culturelle riche et une vie nocturne qui n’en finit pas, Tel Aviv ne dort jamais. Découverte…



Par Martine Delaloye



Jeune, libre et exubérante...


Blanche et contemporaine, la ville s’étale sur la Méditerranée. Un front de mer de belles plages de sable fin aux allures californiennes fréquenté dès l’aube par les sportifs en tous genres. Un flot incessant de cyclistes qui filent comme des bombes sur leur vélos électriques à petites roues très « fashion », de skaters et runners healthy qui s’entrecroisent comme des flèches, de bodybuilders qui se font des muscles de statues grecques et des équipes de handball improvisées qui s’affrontent avec entrain. C’est le paradis du culte du corps et de la vie saine.



Ne pas manquer tous les samedis matin, le dance floor improvisé sur la plage où jeunes et moins jeunes s’adonnent avec bonne humeur à une chorégraphie parfaitement synchronisée sur de la musique pop. Un vrai bon moment !



Tout au long du front de mer, s’étalent immeubles cossus et tours contemporaines abritant souvent des hôtels, des bars, des clubs, des terrasses où s’attabler jusque tard dans la nuit en profitant de la douceur du climat. Car il fait beau 9 mois sur 12 en Israël. Un aimant pour de nombreux visiteurs du monde entier, européens, russes et depuis, peu asiatiques en quête de soleil et de festivités.


La ville nouvelle, la ville blanche...


Tel Aviv, une petite nouvelle qui a la taille d’une grande. L’existence de la ville ne date que de 1909, date de sa création sur des dunes de sable par quelques 66 familles auxquelles ont été attribués des terrains. Depuis, la ville n’a cessé de progresser quartier par quartier, au gré des arrivées de populations juives immigrantes jusqu’à rejoindre la vieille ville de Jaffa et ne former aujourd’hui qu’une seule métropole de plus d’un million d’habitants avec les quartiers de banlieue. Moins peuplée que Jérusalem, plus riche avec un niveau de vie par habitant supérieur à la moyenne nationale, moins religieuse aussi, tournée vers l’avenir et les nouvelles technologies, elle revendique un art de vivre festif.



Une ville en perpétuelle effervescence, qui vit à toute allure. A l’heure du déjeuner, au carrefour de Herzl Boulevard et Rothschild Boulevard, c’est une vraie cohue d’étudiants, de jeunes homme d’affaires, créateurs de start up –Tel Aviv est une véritable pépinière. Israël en compte 4500 pour une population de 8 millions d’habitants – d’artistes, qui s’entrecroisent, s’attablent aux terrasses des restaurants fréquentés par une clientèle trendy. Au vieux kiosque - il n’en subsiste que quatre ou cinq - les telaviviens perchés sur leurs tabourets palabrent autour d’un café. La modernisation a tout va aura sans doute raison de leur lieu de rendez-vous ancestral… La ville culturelle est très active. De nombreux musées, dont le Musée d’art moderne installé au Pavillon Helena Rubinstein, regroupe un grand nombre d’œuvres d’artistes renommés mais aussi la plus grande collection d’art israélien et des expositions temporaires. La cité est un repaire d’artistes, de designers et de créateurs.



Un détour s’impose par la Maison de l’Indépendance, un bâtiment un peu austère au 16 Bd Rothschild, où Ben Gourion proclama l’indépendance le 14 mai 1948, un moment décisif pour l’état hébreu. Devant, l’homme au chapeau sur son cheval est le premier maire de Tel Aviv.


Le marché du Carmel...


A proximité de la rue Allenby et de la place Magen-David, le marché du Carmel, est un véritable melting pot des cuisines du monde. L’animation y bat son plein surtout le vendredi, avant le shabbat. On s’interpelle d’étal à étal, un peu dans toutes les langues. On y croise les locaux aussi bien que les touristes, venus humer les saveurs et la bonne humeur ambiante. On se faufile parmi les étals de fruits exotiques, d’herbes fraîches, de légumes étranges, de montagnes d’épices et d’olives qui émoustillent les papilles et réjouissent les yeux.



Le marchand de halva attire les curieux avec ces blocs de pâte de sésame tels de gros gâteaux, aromatisés aux pistaches, aux raisins, aux fruits secs que l’on goûte au passage. On y trouve de tout à petits prix, bijoux de pacotille, bazar hétéroclite. Falafels accompagnés de pitas et salades, bagels, shawarma, sortes de crêpes chaudes yéménites se dégustent sur place, c’est plus local !


Tel Aviv by night...


La nuit, la fièvre s’empart des rues. Rollers intrépides, cyclistes casse-cous se faufilent au prix du danger, entre les voitures et bus circulant difficilement. La ville semble s’embraser jusqu’au front de mer, jusqu’au quartier de Sarona aussi, ancien quartier historique, dit le quartier Allemand où une communauté protestante allemande s’est installée au XIXe siècle. Aujourd’hui, galeries, boutiques de mode, bars, restaurants, pubs branchés ont investi les maisons. La vie nocturne est partout, surtout la veille du shabbat ou le samedi soir. Tolérante, moderne, la ville est résolument gay friendly. La fête ne s’arrête jamais dit-on à Tel Aviv !


A la recherche du Bauhaus...



On peut s’amuser à repérer les maisons de style Bauhaus qui correspondaient à un besoin de l’époque de construire des maisons fonctionnelles, en phase avec l’idéologie socialiste de certains colons, en opposition au style plus bourgeois Art Déco ou encore au style dit Eclectique. Près de 4000 immeubles ont été construits dans ce style entre 1930 et 1950, un ensemble architecturale unique inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Différents styles se rallient au Bauhaus, le plus reconnaissable se distingue par les rondeurs des constructions et des balcons. Près d’un millier de maisons ont été restaurées avec plus ou moins de bonheur, d’autres sont très délabrées…


Jaffa, l’étape de charme de Tel Aviv...


Jaffa ou Yaffo, Yaffa, terme hébreux qui signifie belle. Et elle est belle cette petite ville portuaire qui n’est pas de première jeunesse car on peut dire qu’elle a près de 4000 ans. Ce port, l’un des plus anciens de toute la Méditerranée est dès l’antiquité -1350 av. J.C - et au Moyen-Age, l’une des étapes les plus importantes vers l’Orient pour les occidentaux. On retrouve encore des mosaïques, des bâtiments de l’époque ottomane.

Aujourd’hui, Jaffa c’est l’étape de charme de Tel Aviv. Elle apporte tout le poids de son histoire au modernisme de la cité hyperactive. Les remparts longent le littoral. La Tour de l’Horloge, bâtiment ottoman se dresse en vigie en lisière de la vieille ville. Le port grouille de petits bateaux prêts à partir à la pêche. C’est ici que sont arrivées les premières populations d’immigrants juifs venues de Palestine. Jaffa maintenant symbolise la cohabitation arabes et juifs.



- La place de l’église St Peter’s est le point de rendez-vous des touristes et des jeunes

Les terrasses des bars fleurissent aux quatre coins, les friperies et brocantes aussi. Le marché aux puces est si célèbre qu’il attire près d’un million de visiteurs étrangers. Et aussi les artistes et étudiants qui cherchent à se meubler sans se ruiner ou encore des amoureux du passé. Des guesthouses, de plus en plus nombreuses, accueillent les touristes. Les ruelles pavées bordées de grosses maisons de pierre grimpent à l’assaut de Jaffa, sous le regard vigilant des chats. Les boutiques de bijoux filigranés des Yéménites (technique de travail de l’or ou de l’argent) ont pris possession des lieux depuis bien longtemps. Sur le port, les dernières maisons sont en voie de réhabilitation et on découvre qu’elles sont belles et cossues. Le quartier est en pleine mutation, comme celui de Old Jaffa.



A proximité, Railway Station (HaTachana), la première gare du Moyen-Orient inaugurée en 1891 qui est aussi la première gare d’Israël, a miraculeusement échappé à la destruction. Boutiques de créateurs, de designers, galeries d’art, boutiques de produits de la mer morte se sont installées dans les maisons un peu sévères de l’époque. Ancien quartier mal famé, c’est devenu le rendez-vous d’une jeunesse branchée, des fashionistas qui y trouvent leur bonheur.

Neve Tzedek, « le petit Paris »...


Premier quartier juif à l’extérieur de la vieille ville portuaire de Jaffa, fondée en 1887, soit 20 plus tôt que Tel Aviv, par des familles désirant vivre calmement en dehors de Jaffa surpeuplée, c’est un quartier en pleine mutation, entre HaTachana et la skyline des tours. De son origine, il conserve les allures d’un village dans la ville.



Un labyrinthe de petites rues sillonnent entre les maisons au charme suranné, entourées de jardins fleuris, d’où s’échappent les effluves de jasmin et de tilleul. Elles sont rachetées peu à peu par une population bobo qui les retape. Le quartier est en voie de devenir l’un des plus chers de la ville. Galeries d’art, bars, clubs, restaurants contemporains y trouvent leur place, apportant une vie nouvelle dans ce quartier pittoresque qui échappe encore aux constructions de tours. Au cœur de Neve Tzedek, le Centre Suzanne Dellal, centre culturel de danse et de théâtre, bel édifice en cours de restauration au centre d’une large place, constitue le centre d’une vie culturelle animée produisant de nombreux spectacles de qualité. Elle accueille entre autre, la célèbre compagnie nationale de danse Batsheva. Le centre Suzanne Dellal reçoit plus de 500 000 visiteurs et produit 750 évènements et spectacles chaque année.

Notre carnet d’adresses :




Restaurant Vicky-Cristina



A proximité de la gare d’HaTachana, à Neve Tzedek, ce restaurant annonce bien par son nom son atmosphère de fête espagnole. Un bar à tapas convivial au cœur d’un vaste patio abrité sous les larges ramures d’un arbre antique, où se restaurer de spécialités ibériques arrosés de bons vins, dans une ambiance latino. Site web : www.vicky-cristina.co.il/en/

Hôtel Herods à Tel Aviv

Cet hôtel les pieds dans l’eau est magnifiquement situé sur la grande plage de Tel Aviv, au cœur de la vie nocturne , à quelques encablures de Jaffa. Demander de préférence, les chambres rénovées avec vue sur mer, pour éviter le bruit du boulevard. Site web : www.leonardo-hotels.fr


Restaurant 2C Tour Azrieli



A prononcer to see, à voir. Prenez de la hauteur au 49ème étage de la Tour Azrieli pour atteindre les sommets de la gastronomie. On en prend plein la vue à 180°, sur Tel Aviv, illuminée, la nuit, c’est mieux, tout en appréciant une cuisine contemporaine fraîche et goûteuse. Pour ce qui de l’ambiance, mieux vaut apprécier la musique à fond ou demander plus d’intimité ! A deux pas, un grand centre commercial propose ses nombreuses boutiques de mode où s’affairer à un shopping sans retenue. Site web : www.2-c.co.il

The Dixie Restaurant


Un steakhouse pas très typique, le cadre fait plutôt penser aux restaurants new-Yorkais et la cuisine aussi avec un petit côté fusion asiatique. Pour autant, l’ambiance y est décontractée et animée, à la fois un rendez-vous de jeunes branchés mais pas uniquement. On y apprécie la toute première qualité de la viande des hamburgers. Pour continuer dans le made in USA, le cheesecake est parfait. Une grande sélection de vins permet d’accompagner agréablement le repas ainsi que le grand choix de bières à la pression. Un plus, le bar Dixie Grill est ouvert 24 h/24h et 7 J/7J. Site web : www.en.tlv.dixie.co.il

Restaurant Messa

Un restaurant très chic où la décoration contemporaine et sobre est presque aussi importante que la cuisine excellente. Le chef Moshe Aviv concocte des mets d’exception à partir de superbes produits. Le service est allègre et branché, la fréquentation relevée. Une très bonne table. Site web : www.messa.rest.co.il

Pratique


Y aller : La compagnie nationale El AL assure 24 vols hebdomadaires Paris/Tel Aviv aéroport Ben Gourion. Site web: www.elal.com . La compagnie Transavia, low cost du groupe Air France-KLM assure env. 3 vols quotidiens Paris Orly / Tel Aviv Ben Gourion. Site web: www.transavia.com

Formalités : Pour les ressortissants français, aucun visa n’est requis pour un séjour touristique de moins de 3 mois. Passeport valable au moins six mois après la date de retour La police israélienne remet un visa volant, à conserver pendant le séjour et à remettre au passage/passeport en sortant d’Israël. Donc, aucun tampon sur le passeport !

Décalage horaire : 1 h de + avec la France été comme hiver.

Monnaie : le Shekel (NI.S) 1 euro = 4,00 shekels environ.

Prises électriques : pas besoin d’adaptateur.

Langues : La langue nationale est l’hébreu. L’anglais, l’arabe et le russe sont aussi couramment répandus. Environ 20 % de la population est francophone.


Pour en savoir plus :

Consulter le site de l'office de tourisme : www.otisrael.com

(Photos : Martine Delaloye).









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